Dans une interview donnée à « Libération », hier, Benoit Hamon raconte avoir proposé à Elise Lucet de figurer sur sa liste aux Européennes.

Dans une interview donnée à « Libération », hier, Benoit Hamon raconte avoir proposé à Elise Lucet de figurer sur sa liste aux Européennes. 

Elise Lucet m’a précisé qu’elle a bien été approchée par son équipe, mais qu’elle a refusé de parler à Benoît Hamon, ne s’adressant aux politiques que dans le cadre des interviews. Quant à une proposition similaire de la part d’Europe Ecologie les Verts, elle n’en a jamais entendu parler. 

Pourquoi les partis politiques, appartenant à la gauche ou à l’écologie, visent-ils Elise Lucet ? Benoit Hamon ne dit pas, dans « Libération », un mot de l’évidence : l’immense popularité de la dame, journaliste préférée des Français, régulièrement en couverture des magazines. Storytelling impeccable. La présentatrice plan-plan du JT de France 3 s’est muée à force de travail en intervieweuse pugnace défiant les puissants. Son tour de force ? Avoir rendu populaire un genre qui ne l’est pas forcément : l’investigation. Elle en est même devenue la défenseuse acharnée, usant de sa notoriété pour faire reculer sa propre direction qui menaçait de raboter les magazines de France 2. Bref, elle est à la fois, pour la présidente de France Télévisions, son meilleur atout et une épine dans le pied. Mais qui a donné autant de pouvoir et de visibilité à Elise Lucet, si ce n’est la présidente de France Télévisions elle-même ? 

Benoît Hamon dit que ce sont les sujets d’enquête d’Elise Lucet qui ont motivé sa proposition : l’évasion fiscale, la santé publique ou environnementale, autant d’enjeux européens. Et pour cause, « Cash Investigation » s’est déplacé plus d’une fois à Bruxelles pour alpaguer nos élus. L’émission met aussi en lumière le poids des lobbys défendant les multinationales et n’hésite pas à cibler les députés qui s’en font les relais. 

J’ajouterai – Hamon ne le mentionne pas – qu’Elise Lucet a payé de sa personne pour médiatiser une grosse bagarre au Parlement européen : la directive sur le secret des affaires. 

Ça s’est joué à Bruxelles avant de se voter ici, à Paris. Bref, on voit bien ce qui attire Benoit Hamon chez la journaliste. Mais on la voit mal, elle, passer de l’autre côté de la barrière. Toute sa défense du journalisme comme contre-pouvoir viendrait à s’écrouler. 

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.