Le CSA convoque les chaînes de télévision car leurs programmes commencent de plus en plus tard.

La télévision ne respecte pas ses horaires prévisionnels en soirée...
La télévision ne respecte pas ses horaires prévisionnels en soirée... © Getty / Maskot

Le conseil parle pour l’instant de « concertation », mais a dégainé, hier, l’article 2-2-5 de la convention signée par les chaînes privées et l’article 19 de celle de France Télévisions. Donc, à terme, ça sent la sanction. 

L’heure, c’est l’heure. Chaque chaîne dévoile ses grilles 3 semaines avant et quand Télé 7 jours imprime, ce n’est plus censé bouger. Sinon, le téléspectateur est floué… C’est le cas tous les soirs. Le CSA est saisi, en moyenne, 20 fois par semaine par des gens qui en ont marre d’attendre devant le petit écran. Les plus mauvais élèves sont TMC et C8 qui entament leur soirée une fois que Yann Barthès et Cyril Hanouna ont terminé leur show en direct, donc sans filet. 

Gros match d’audience qui engrange beaucoup de publicités, aucun des deux ne veut lâcher le premier. Ensemble, ils bloquent 3 millions de téléspectateurs jusqu’à parfois 21H20. Ça pousse les concurrents à retarder. 

Sachez qu’en tout, 25 millions de personnes regardent la télé à 21h, les chaines ont intérêt à étirer ce « moment de grâce » pour fourguer un maximum de réclames. En outre, plus la première partie de soirée démarre tard, plus la seconde partie se décale. Et, à mon avis, ça aussi les chaînes y ont économiquement intérêt. Parce que produire 2 programmes par soir coûte très cher. J’ai l’impression, moi, que petit à petit, on tue le deuxième. Ou alors, on mise sur des formules à bas coût. Avec l’idée qu’en fin de soirée, la télé c’est terminé. S’il y a une bataille à livrer, elle est sur Internet où chacun ira piocher. 

Pourtant, la télévision demeure le premier loisir des Français et en soirée, elle est encore un média de masse. Une masse qui ne dort pas assez et qui bosse le lendemain. Or, ne plus pouvoir veiller jusqu’à la seconde partie de soirée, c’est renoncer aux programmes les plus enrichissants. Dommage, beaucoup d’entre nous n’ont ni divertissements, ni culture à proximité. Et autour de nous, tant de marchands de journaux ont fermé. Pour s’amuser, apprendre et s’informer, il faut se déplacer. Oh non, il y a le Web, il n’y a qu’à surfer. Mais quelle garantie que vous y trouverez des contenus de qualité ? Sinon, il y aurait bien la télé. Si elle daignait assumer le rôle que la société lui a un jour assigné.    

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