Google a pile 20 ans et propose une journée d’exposition, samedi, au Grand Palais, à Paris.

Siège de Google à Londres (Royaume-Uni)
Siège de Google à Londres (Royaume-Uni) © Getty / Dan Kitwood

Une opération de communication, évidemment, sachez qu’il y a des expos infiniment plus intéressantes en ce moment. Mais, quand même, l’équipe de "l’Instant M" s’y est faufilée hier. Google au musée, ça nous intriguait. Comment matérialiser un moteur de recherche ? Comment faire entrer dans un lieu de patrimoine, algorithmes et intelligence artificielle ? On imaginait « TRON »… on a eu « Un Américain à Paris » ! Un vieux Paname reconstitué. Rétro. Avec bistrot à l’ancienne et métropolitain, journaux imprimés, pâtisseries sous cloche et casseroles en étain. Vous connaissez l’attraction « Ratatouille » de Disneyland ? Vous y êtes !

Ça commence par un cabinet de curiosités tout de bois sombre tapissé. Vous y trouverez des objets et, à chaque fois, l’année du pic de requêtes qui leur correspond. Nostalgie, nostalgie : des bonbons Pez, des yoyos, des Stan Smith, des pantalons baggy, des sacs banane. Comme si nos recherches des années 2000 et 2010 n’avaient de cesse de nous ramener aux décennies précédentes. Google ne pérore pas sur sa puissance à venir. Il se pose en témoin du passé. En mémoire de notre Humanité.

Il y a une ambition quasi anthropologique à cette affirmation numérique. Chaque geste du quotidien engendre des datas, donc des traces, donc du savoir sur nous-même. Et nous voici découvrant quelles recettes les Français ont le plus cherché sur Google. En 2004, le sushi. En 2015, le spritz. Drôle aussi de voir que chaque région cherche en priorité une recette bien de chez elle. En Normandie, on tape « teurgoule ». En Rhône-Alpes, « saucisson brioché ». En Île-de-France ? « Chorba » ! On était hilare. Vous voyez combien c’est la dimension affective qui est mise en avant ? En aucun cas le boa numérique qui avale le règne humain. 

Il n’empêche, au « Café philo », lorsque vous ouvrez un livre, c’est une tablette qui le remplace. YouTube, le lieu de la discussion. Et puis, cette réserve mondiale d’œuvres d’art pixelisées à portée de clic. Cocasse dans un musée, un vrai. Enfin, il y a les fenêtres du Grand Palais qui ouvrent sur la rue avec leur pancarte sur laquelle est écrit, à chaque fois, « quelle vue ! ». Bah oui, c’est le vrai Paris. Enfin, on ne sait plus. Ce pourrait être Google Earth. Le réel nourrit tant le virtuel que le virtuel engendre peut-être le réel.    

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