Samedi, Bilal Hassani représentera la France à l’Eurovision !

Comment la "ringardise" de l'Eurovision s'est-elle muée en scène médiatique à part ?
Comment la "ringardise" de l'Eurovision s'est-elle muée en scène médiatique à part ? © Getty / Vyacheslav Prokofyev

Bilal, le gamin aux parents marocains, le môme homosexuel qui pulvérise les codes du genre sur Internet, un brin teigne et mort de rire. Bilal, les insultes homophobes, matinées de racisme essuyées à longueur de réseaux sociaux jusqu’à en saisir la justice. Bilal, presqu’un million d’abonnés sur Youtube. Mais ça, Bilal, c’est que dalle. L’Eurovision entre dans les foyers de 42 pays, suivie par 186 millions de téléspectateurs. Alors, passeport pour la haine à échelle internationale ?  

Comment ce show ultra popu pourrait-il constituer à la fois un refuge et une vitrine pour notre petit chanteur qui se fait, en France, cracher dessus à chacun de ses passages télé ? Comment la ringardise de l’Eurovision s’est-elle muée, mine de rien, en scène médiatique à part permettant à la communauté LGBT de brandir son étendard ? C’est toute une histoire.

« Waterloo ». Abba remporte le télécrochet en 1974, inaugurant le règne du disco scandinave et de ses avatars sur l’Eurovision. Abba, icône gay, pourvoyeur d’hymnes pour la communauté homosexuelle… Mais bon, 20 ans durant, l’émission s’enfonce dans un mauvais goût sans intérêt. 

1998, le choc

Victoire de Dana International, première star israélienne transgenre qui dût s’exiler ensuite menacée par les juifs intégristes. Mais son passage à l’Eurovision est un triomphe. Le show prend une nouvelle dimension. Quant aux transgenres, ils bénéficient d’une inattendue médiatisation. A une époque où les personnes trans sont tout simplement invisibles. 

2014, la consécration

L’Autrichienne Conchita Wurst qui, là, fait carrément un trou dans la télé. Drag queen, elle conserve la barbe, en rupture avec ses modèles des années 90. 

Voilà, Bilal Hassani est né avec Dana et a grandi avec Conchita dont il a repris le tube lors de son premier passage télé dans « The Voice Kids »… 

Et si l’Eurovision – télé du samedi soir - était devenue une main tendue pour des enfants qui se cherchent ? 

Bilal façonne un personnage qui pioche dans les attributs féminins, perruques, maquillage, crop top, tout en conservant son identité de garçon. Un garçon apparu tout récemment, à l’occasion de l’Eurovision, en robe blanche. Ce ne sont pas les genres, mais les codes du masculin que Bilal Hassani redéfinit aujourd’hui. 

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