Aujourd’hui, RTL déménage de son siège historique, au 22 rue Bayard à Paris.

Dans les anciens locaux de RTL
Dans les anciens locaux de RTL © Getty / Jean-Baptiste QUENTIN

Pour fêter ça, les concurrents, mais néanmoins confrères d’Europe 1 les ont invités hier à prendre le petit dej en voisin.

Un grand média qui déménage, c’est tout une histoire qui se fait la malle. Les murs ont une âme. L’architecture d’un lieu dessine la vie d’une rédaction, forge un peu de son identité passée. « Libération » dans son parking en colimaçon, près de la Place de la République, symbolique. « Le Figaro » et son bâtiment art déco, en forme de paquebot, dans le fief historique des journaux parisiens. Comme cette adresse, gravée dans la mémoire collective, Cognac Jay, qui a façonné les débuts de la télé. 

Radio Luxembourg est devenue un jour RTL et la rue Bayard a fini par l’emporter sur le Grand Duché, première radio généraliste de France oblige. Le siège a marqué son quartier de sa façade en lames d’aluminium, œuvre de Victor Vasarely déjà démontée, et de ses troupes réunies chez Savy, le bistrot d’en face dont les Grosses Têtes avaient fait leur QG.

RTL part à Neuilly, s’installer chez sa cousine M6, qui vient de s’offrir une grande radio et avec elle, une grande rédaction qui fabrique les journaux et les tranches d’info. Vous ne les écoutez pas, parce que vous nous écoutez nous, mais sachez qu’on a de l’estime les uns pour les autres.

Bon, il n’y a pas que le quartier qui pour eux va changer. Il y a l’actionnaire majoritaire, aussi, le grand patron. En l’occurrence, Nicolas de Tavernost, président de M6. Le seul et unique, dans les médias, qui assume ça : « Je ne peux pas supporter qu'on dise du mal de nos clients. Nous vivons de nos clients. Voici un exemple concret: à un moment donné, il y avait une émission de Capital sur la téléphonie et nous sommes parti prenant puisque nous détenons M6 Mobile de l'opérateur Orange. Je leur ai expliqué que si on faisait une émission sur la téléphonie et qu'elle était bonne pour Orange, on aurait forcément dit que c'était compréhensible, et si elle était mauvaise pour Orange, on se serait fâché avec notre client […] Donc il y a des choses à éviter »

Pas de raison de faire un procès d’intention au nouveau patron. Il ne fait que formuler ce qu’est un média privé qui vit de la publicité. Mais, pour M6, il a poussé la logique plus loin que d’autres : le droit d’informer s’y arrête là où commence l’intérêt des annonceurs. Qu’en sera-t-il pour RTL ? On imagine que nos confrères et consœurs se posent la question... en faisant leurs cartons.

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