Haro sur le piratage des retransmissions sportives, particulièrement du foot. Le gouvernement accélère le vote d'une loi pour endiguer le fléau.

Sport : bloquer les pirates en temps réel
Sport : bloquer les pirates en temps réel © Getty / Luis Diaz Devesa

Procédure accélérée, certes, mais procédure de sauvetage ! La loi sur la démocratisation du sport, discutée demain à l’Assemblée Nationale, va permettre de repêcher les mesures contre le piratage que devaient comporter la grande réforme de l’audiovisuel français enterrée par le Covid. Ce n’est pas une mauvaise chose, la riposte législative sera ainsi adaptée aux spécificités du sport, dont les enjeux sont différents du cinéma. 

« Harry Potter », « Le Roi Lion », « Adieu les cons » ou « La Strada » de Fellini… Un long métrage doit être protégé tout au long de sa carrière, même s’il a déjà été piraté par le passé. Certes, le public pirate plus volontiers des nouveautés, mais un film conserve sa valeur au fil des années. 

Un match, en revanche, ça se savoure dans l’instant. Plus on avance dans la rencontre sportive, plus on approche du coup de sifflet final, moins sa diffusion a de valeur. Après-coup, elle n’en a même plus du tout. Sauf pour les esthètes comme Askolovitch ou les obsessionnels comme Vizorek qui revoient les matches de la semaine précédente et même, parfois, d’il y a un mois pour… en avoir le cœur net. Mais bon, ils sont les seuls. 

Tout l’enjeu pour les députés sera donc de valider un système qui permettra d’intervenir en temps réel pour stopper une diffusion pirate. Couper le signal pendant le match. Après, c’est trop tard. Défi technologique et législatif infernal. Je vous ai maintes fois parlé des boîtiers IPTV, vendus que dalle en bas de chez moi, qui permettent d’attraper les chaînes de télé du monde entier. Trois millions d’internautes y ont recours chaque mois. Et voici maintenant que sur les réseaux sociaux, des comptes anonymes fleurissent tous azimuts et mettent en ligne gratuitement les matchs en cours. Vous en suspendez un, d’autres germent instantanément. 

Quant au fameux super-pouvoir de couper – dans l’urgence - ces robinets à image : à qui le confier ? Aux fournisseurs d’accès internet ? Aux gafa ? Ils n’en veulent surtout pas. Au juge, alors ? Il n’agira pas assez vite. Au CSA ? Pourquoi pas, mais pas tout seul…  A tous ceux-là, ensemble ? Oui, mais il faudra les faire s’entendre. 

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