Le droit à l'image des sportifs va-t-il bientôt rapporter gros aux clubs de foot ? Leurs dirigeants, en tout cas, trépignent d'impatience.

Le patron de la ligue de foot professionnel s'en est encore agacé il y a quelques jours : il n'en peut plus d'attendre les décrets d'application de la loi Braillard. Une loi votée à la toute fin du quinquennat Hollande, mais qui n'est toujours pas appliquée, faute de décret.

Thierry Braillard, souvenez-vous, était Secrétaire d'Etat aux sports sous François Hollande. Sa loi était un joyeux fourre-tout qui concernait de nombreux aspects de la vie sportive, mais le chapitre qui nous intéresse porte sur le droit à l'image. Celui-là même qu'Antoine Griezmann vend à prix d'or quand il devient l'ambassadeur d'un rasoir ou d'un shampoing. 

Comment payer les joueurs ?

Là, Grizou (comme le surnomment ses fans), a négocié directement avec la marque. Mais il peut arriver que l'image ou le nom d'un sportif soit exploitée par le club dans lequel il joue : sur une écharpe, un maillot, une campagne de pub...  Dans ce cas-là, comment le payer ? 

La loi Braillard autorise les clubs à séparer la rémunération en deux parties. D'un côté le salaire. De l'autre, une redevance au titre du droit à l'image. L'avantage, c'est que le droit à l'image coûte beaucoup moins cher en taxes patronales ! Les clubs de foot pourront soit faire des économies de charges, soit mieux payer leurs joueurs. Et ils disent en avoir besoin pour être compétitifs face aux mastodontes anglais, allemands, espagnols... et attirer les grands joueurs. 

On comprend soudain pourquoi le gouvernement actuel temporise en laissant trainer les décrets d'applications. Cette loi offre un coup de pouce aux clubs de foot, ni plus ni moins. Elle va priver les caisses publiques de centaines de milliers d'euros de cotisations sociales. D'ailleurs, ce dispositif en rappelle un autre, similaire, qui a été supprimé en 2010 parce qu'il coutait trop cher à l’État. 

Les défenseurs de cette mesure ont bien des arguments

En attirant les joueurs vedettes en France, on génère plus de recettes fiscales en France. Donc l’État s'y retrouvera. Oui, sauf que ça, c'est impossible à prouver à l'avance.

 Autre argument : cette partie variable de la rémunération permettra de sanctionner financièrement un joueur dont le comportement porterait atteinte à l'image du club. 

L'idée est bien d'inventer une autre relation entre le club et son joueur, et reconnaître la place du du droit à l'image dans cette relation. Mais il est à craindre que cette loi, même si elle finit par être appliquée, ne concerne pas du tout les petits clubs comme... tenez, au hasard : les Herbiers et Chambly, qui s'affrontent ce soir en demi-finale de la Coupe de France ! 

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