Hier soir, Michelle Obama était interviewée sur scène à Paris par une ex-présentatrice de CNN, Isha Sesay, et ça faisait un drôle d’effet. Ça disait très clairement que le staff américain de madame Obama préférait importer son interlocutrice par avion que d’en choisir une chez nous.

Michelle Obama
Michelle Obama © AFP / Junge, Heiko / NTB SCANPIX MAG / NTB scanpix/AFP

Ils avaient tout leur temps, pourtant. Le livre de l’ancienne First Lady est sorti le 13 novembre dernier. Débute alors une série de grands shows où elle répond, sur scène, aux questions d’une personnalité médiatique. 1ère date dans sa ville, à Chicago, interrogée par Oprah Winfrey, papesse noire de la télévision américaine. Mais les funérailles de George W. Bush vont interrompre la tournée internationale. Michelle Obama n’est arrivée en France qu'hier soir et s’est produite à l’Accor Hôtel Arena… comme une rock star. 

Dans la plupart des pays, les entretiens ont été menés par des femmes noires. A une exception notable, Stephen Colbert, homme blanc de plus de 50 ans, mais génial animateur duLate Show de CBS, proche du couple Obama. A Londres, dimanche, il a fait un tabac. 

En France, Stephen Colbert n’est pas assez connu. Et le mot d’ordre demeure une femme noire puissante et emblématique

La semaine dernière à Oslo, les organisateurs n’en ont guère trouvé, ils ont a fait venir une humoriste new-yorkaise. Chez nous, Isha Sesay, 43 ans. Née à Bordeaux, parait-il, d’une famille de Sierra Léone. Elle est anglaise et a vécu longtemps à Atlanta. 

Après 13 ans d’antenne, elle vient de claquer la porte de CNN, car elle ne supportait plus que l’info soit dominée par Trump qui « bouffe toute l’oxygène dans la pièce et que les médias américains suivent au détriment du reste. C’est sympa d’être présentatrice, c’est glamour, mais c’est très contrôlé par d’autres. Je suis prête à décider par moi-même ». Caractère bien trempé, donc. Isha Sesay boucle une enquête sur les filles enlevées au Nigeria par la secte Boko Haram. Et crée son ONG, W.E. Can Lead (lead signifie « commander »), qui vient en aide aux jeunes filles africaines avec l’idée, bien américaine et partagée par Michelle Obama, qu’il faut des modèles féminins forts et médiatisés pour ouvrir la voie.

C’est là que le bât blesse. Qui, en France, pour incarner cela ? 

Le choix d’Isha Sesay dit en creux que, chez nous, les femmes noires qui ont de l’aura et du pouvoir, il y en a si peu que c’est presque pas. Je vous laisse y réfléchir.     

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