Les journaux de TF1 ont fêté hier leurs 40 ans.

Yves Mourousi et Marie-Laure Augry
Yves Mourousi et Marie-Laure Augry © AFP

A la naissance de l’info, la Une n’existait tout simplement pas. Pour être exact, le journal télévisé français date d’il y a 70 ans. Il faut attendre 1964 pour voir naître la première chaîne, rebaptisée TF1 en 1975 suite à la dissolution de l’ORTF par Giscard. Et le JT de la Une alors ? Il s’est longtemps appelé « TF1 Actualités ». Deux programmes, le soir et la mi-journée. Un unique indicatif.

Pourquoi tout cela change-t-il le 16 février 1981 ? Parce que l’information allait basculer dans une ère concurrentielle. Oui, c’est d’une rivalité entre les deux chaînes nationales que va découler la modernisation des JT. Pour commencer, changement d’habillage sonore. Changement d’appellation, aussi. TF1 crée deux marques baptisées en fonction de leurs horaires respectifs : le « 13H » et le « 20H », histoire d’ancrer des rendez-vous chez les Français et de les transformer en repères, voire en habitudes. 

Changement de direction, également, le nouveau patron de l’info s’appelle Jean-Marie Cavada.  Changement de visage, enfin. A 13H, Yves Mourousi, est rejoint par une femme, une pionnière, Marie-Laure Augry. A 20H, on installe un certain Jean Lefevre. Il n'éclipsera pas son prédécesseur, Roger Gicquel, injustement réduit à « La France a peur ». On l’a oublié, la tâche assignée à Gicquel n’était pas le sensationnalisme mais la personnification de l’information. 

Et si la Une cherche absolument à incarner le JT, c’est que celui de la Deux a trouvé son présentateur vedette, Patrick Poivre d’Arvor. En outre, Antenne 2 innove : en 1978, un jeune ingénieur du nom de Laurent Broomhead y crée une rubrique météo intégrée au déroulement du JT. Au lieu d’être un fatras de données scientifiques, c’est un feuilleton, celui du temps qu’il fera demain. Pour vous, il s’agit d’une information, pour une chaîne de télévision, c’est un outil de fidélisation. 

Bref, il y a 40 ans, la Deux avait compris comment tenir en haleine son public et la Une courait derrière. Son 13H et son 20H ont été pensés comme des contre-offensives narratives à ces nouvelles manières de raconter l’info qu’expérimentait la concurrence. Et dire que cette bataille - qui allait faire entrer les JT dans la course à l’audience - se livrait alors entre deux chaines seulement et deux chaînes publiques ! TF1 sera privatisée bien après. 

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