Dans une interview accordée au "Journal du Dimanche", Laurent Ruquier fustige la "dictature des réseaux sociaux". Dans son émission, Christine Angot avait provoqué un tollé en voulant faire la différence entre la Shoah et la traite négrière.

Laurent Ruquier
Laurent Ruquier © AFP / LOIC VENANCE

Laurent Ruquier dénonce la « dictature des réseaux sociaux »

Etonnant de la part du présentateur d'"On n’est pas couché" dont la production a longtemps découpé les cris, les rires et les larmes de son émission pré-enregistrée, les postant avant diffusion où ? Sur les réseaux sociaux pour y engendrer colères et émotions propres à doper les audiences du samedi soir. 

Laurent Ruquier s’offusque que des individus influents se servent de polémiques sur Twitter pour se mettre en avant. Il pointe qui ? Audrey Pulvar et Aymeric Caron, ses anciens chroniqueurs qu’il avait choisis comme chroniqueurs, précisément parce qu’ils étaient polémistes et adoraient se mettre en avant. 

Laurent Ruquier trouve aussi invraisemblable qu’Eric Naulleau s’acharne sur Angot et la traite de raciste alors qu’il forme un duo avec Eric Zemmour. Sous entendu : quand on travaille avec un authentique raciste, comme Zemmour, on s’écrase. Sachant que Ruquier a lui-même fait travailler Zemmour pendant cinq ans, on ne se sait plus très bien l’idéologie de qui il condamne ici. 

Surtout, - c’est plus intéressant que l’arroseur arrosé - Laurent Ruquier enrage que les états d’âme de quelques uns trouvent un écho sur les réseaux sociaux formant « des catégories, des communautés » qui, au nom de leur identité, de leur passé, de leur souffrance… lèvent le bouclier et censurent la parole médiatique. Il dit vrai. Cette mise en commun des hauts le cœur crée parfois des monstres. Voire s’avère le fruit de meutes organisées pour attaquer. Cela fait des réseaux sociaux un levier redouté qui, utilisé à mauvais escient, constitue un danger pour nos libertés. 

Mais – il y a un mais - pourquoi ceux qui disposent d’un micro très puissant supportent-ils si mal que la foule qui les reçoit quotidiennement depuis 25 ans, puisse en retour s’exprimer ? Cette foule n’avait avant qu’un seul pouvoir, zapper. Pour le reste, elle a longtemps subi les blagues sur les tapettes, les gonzesses, les mains aux fesses, les bougnoules, les Noirs à cris de singes, etc… Laurent Ruquier n’a jamais plébiscité cela, mais il sait comme nous tous que les archives de la télévision et de la radio françaises en regorgent. Alors pourquoi ne pas entendre ces petites voix qui disent « on ne peut plus supporter cela » ?

Conclusion : Doit-on regretter la télé d’avant ? 

Celle où l’on pouvait « tout faire », oui. La télé des pionniers, des risque-tout, sans contrainte d’audience et sans enjeu financier. Vive la liberté de créer. Mais la télé où l’on pouvait « tout dire », non. Ces discours parfois gerbants qu’on laissait passer en rigolant, en fait, personne ne les regrette.     

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.