86 femmes journalistes créent une association pour lutter contre le harcèlement sexuel au Japon.

« Toutes les journalistes ont subi une forme de harcèlement sexuel, sans exception », explique Yoshiko Hayashi, cofondatrice du mouvement Women in Media Network Japan (WiMN), citée par l’AFP et Le Figaro. Vous savez pourquoi elles se taisent ? Elles n’ont pas peur, non pas de se faire virer, mais « peur de rompre les liens avec leurs sources ». La menace, le chantage, vient donc de ceux qu’elles interviewent ou dont elles couvrent le travail. 19 d’entre elles, en agences de presse, dans des journaux ou chaînes de télé, ont accepté de témoigner. Raconter ce qu’elles subissent de la part des hommes politiques. Et l’indifférence de leur hiérarchie lorsqu’elles tentent de s’exprimer. 

Un récent scandale a poussé le plus haut fonctionnaire du ministère des Finances à démissionner. 

Cas exceptionnellement médiatisé. Une journaliste de TV Asahi – dont on ne connaît pas l’identité – accuse le numéro 2 du budget de harcèlement sexuel. Ce qu’il continue de démentir. Un hebdomadaire a pourtant publié l’enregistrement d’une conversation dans un bar. L’homme dit à la jeune femme « Je vais t’attacher les mains. Je peux toucher tes seins ? Et si on avait une liaison une fois le budget approuvé ? ». Là, quand même, le ministère a ouvert une enquête. Mais, encore aujourd’hui, le vice-Premier ministre soutient l’accusé et se demande s’il n’a pas été piégé.  

Il y a trois semaines, un petit rassemblement avait lieu à Tokyo : lancement du mot dièse « Je ne me tairai pas », dans un pays où moins de 4 % des victimes de viol ont déclaré leur agression. Sachez qu’une journaliste japonaise a parlé haut et fort. Elle s’appelle Shiro Ito.

Ce n’est pas un homme politique qui a abusé d’elle, inconsciente, dans une chambre d’hôtel. C’est le biographe du Premier ministre, un ancien présentateur de journaux télé. Affaire largement relayée par la presse. L’agresseur présumé n’a jamais été arrêté, l’un des responsables de l’Agence nationale de la police y a personnellement veillé. Shiro Ito, elle, insultée, menacée, a été obligée de s’exiler à Londres. Son livre, non traduit, s’intitule Black Box. La boîte noire.

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