La saga Jimmy Lai se poursuit à Hong-Kong. Les autorités chinoises pilonnent ce magnat de la presse, qui serait à l'origine de la manifestation monstre qui a secoué Hong-Kong en 2019.

Dans cette photo prise le 12 décembre 2020, le magnat des médias pro-démocratie de Hong Kong Jimmy Lai est conduit par la police au tribunal pour être inculpé en vertu de la nouvelle loi controversée sur la sécurité nationale du territoire
Dans cette photo prise le 12 décembre 2020, le magnat des médias pro-démocratie de Hong Kong Jimmy Lai est conduit par la police au tribunal pour être inculpé en vertu de la nouvelle loi controversée sur la sécurité nationale du territoire © AFP / PETER PARKS

Il a 73 ans. Il purge déjà une peine de 14 mois de prison. Une kyrielle de procès l’attendent encore et l’on apprend que tous ses avoirs viennent d’être gelés. Jimmy Lai, la bête noire du parti communiste chinois. Un obstacle à la reprise en main de Hong-Kong. Jimmy Lai, multimillionnaire, self made man, industriel prospère, propriétaire de journaux influents et infatigable militant pro-démocratie. 

Il a 12 ans lorsque ses parents fuient la République populaire de Chine, quittant Canton par bateau. Jimmy Lai part de rien à Hong-Kong, travaillant dans des usines de textiles avant de grimper les échelons, puis de racheter des usines, puis de fonder un petit empire de la fringue. Pour Jimmy, il y a un avant et après Tien’anmen, soulèvement durement réprimé par Pékin en 1989. Il date de ces évènements tragiques et de leur médiatisation le début de sa conscience politique. Il crée son groupe de presse l’année suivante. 

Ses journaux, "Next Magazine" et "Apple Daily" notamment, panachent les genres de la presse populaire : racoleurs façon tabloïd, truffés de paparazzades façon magazines people, mais aussi porteurs de scoops, dénonçant – investigation à l’appui – toutes les dérives du pouvoir et des nababs locaux. C’est dire si Jimmy Lai se fait des ennemis. Le premier d’entre eux étant l’exécutif hongkongais à la botte des Chinois. 

Jimmy Lai s’avère l’un des organisateurs de la manifestation monstre qui secoue Hong-Kong en 2019. Le rassemblement dégénère et pousse le gouvernement à promulguer une loi draconienne sur la sécurité nationale. Texte que Jimmy Lai aurait enfreint. D’où son arrestation, l’été dernier. En signe de solidarité, le public se rue le lendemain dans les kiosques pour acheter le "Apple Daily" qui lui appartient. Le journal anticipe, il tire exceptionnellement 550 000 exemplaires au lieu de 70 000 en temps normal. En Une, le titre « Nous nous battrons » en rouge barre une photo pleine page de Jimmy Lai aux mains de la police. Dans la foulée, l’action de son groupe de presse s’envole de 2 000 %.

Ce n’est pas par hasard que les autorités gèlent aujourd’hui ses avoirs.  

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