Denis Balbir, journaliste sportif sur M6, s'est déclaré contre la présence des femmes aux commentaires de foot masculin.

Claudia Neumann présente le foot sur la ZDF (la "Zweites Deutsches Fernsehen", la deuxième chaîne de télévision généraliste publique fédérale allemande)
Claudia Neumann présente le foot sur la ZDF (la "Zweites Deutsches Fernsehen", la deuxième chaîne de télévision généraliste publique fédérale allemande) © Getty / Boris Streubel

Hier, Denis Balbir, qui commente le football sur M6, a déclaré ceci au Figaro : "Une femme qui commente le foot masculin, je suis contre" Et il ne doit pas être le seul, car elles sont rares les commentatrices. Pourtant, elles existent. Dernière Coupe du monde, télévision allemande, suédoise, britannique : Claudia Neumann sur la ZDF, Hanna Marklund sur TV4, Vicki Sparks sur la BBC. Mention spéciale à l’Allemande : en plus d’être une « femelle », elle est « vieille »… à en croire les réseaux sociaux qui s’en sont pris autant à son sexe qu’à son âge, 54 ans. Claudia Neumann affiche une longue expérience dans le sport. Elle ne commente toutefois des matchs que depuis deux ans.     

Et en France, alors ?

Il y a eu Jézabel Lemonier, sur Direct 8, en 2007. Puis, rien. Puis, Candice Rolland, sur la chaîne L’Equipe cette année : la seule à la télévision ! Pas en radio, saluons Fanny Lechevestrier qui commente le multiplexe de Radio France le week-end. Mais bon, on les compte exactement sur les doigts d’une main.

Notons qu’un commentateur n’est pas un consultant. Un commentateur doit décrire chaque action du match, à une rapidité folle et avec toutes les envolées qu’on connait. C’est là, donc, que ça coincerait, selon Denis Balbir : 

Dans une action de folie, elle va monter dans les aiguës.

Mais comment peut-on encore parler comme ça ? N’éludons pas. Posons la question de l’aigu, en effet compliqué à l’oreille, mais ça l’est tout autant pour les hommes dont la voix ne s’y prête pas que pour les femmes ! 

Fameux discours de Macron en campagne qui a fini tellement haut perché qu’il en était inaudible. L’aigu constitue l’angoisse des femmes politiques à l’Assemblée Nationale comme sur les plateaux télé. Nombreuses le reconnaissent. Même les intervieweuses vous le diront. Les voix féminines sont qualifiées d’hystériques et d’agressives, là où les timbres masculins sont synonymes d’autorité. Des études montrent que nous homologuons inconsciemment les voix selon leur genre. Cela aurait longtemps poussé les dirigeants de radio à confier les tranches clés à des hommes. Lourde responsabilité des diffuseurs ! Tant qu’ils ne cassent pas le schéma, ils perpétuent ces stéréotypes débiles et leurs irrationnelles connotations. Le serpent se mord… le micro !    

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