Le débat sur les retraites va engorger le Parlement au point qu’on commence à se demander s’il va y avoir une loi sur l’audiovisuel après Noël.

Loi qui nous concerne, nous Radio France, et qui devait déjà voir le jour en 2018 ! Sauf que là, début 2020, députés et sénateurs seront pris ailleurs. Au ministère de la Culture, on temporise. Oui, on risque de repousser un peu, mais, pas d’inquiétude, on va raccourcir les délais et parvenir à la faire voter quand même. Pour les uns, c’est fichu avant l’été. Pour les autres,  le ministre Franck Riester ne pèse pas lourd au gouvernement mais, il est fin politique et élu à l’Assemblée depuis 12 ans, donc très au fait des mécaniques parlementaires. Il pourrait y arriver in extremis. Aux forceps. Le risque : une loi audiovisuelle vite et mal votée. 

Qui s’en plaindrait ? M6, TF1 ? Ces groupes ont déjà obtenu la levée des jours interdits pour diffuser du cinéma, une troisième coupure pub dans les films, le droit de faire de la réclame ciblée… Et tout ça, par décret. C’est-à-dire par un texte qui va être publié sans débat parlementaire. Un autre texte fixera les relations financières entre les chaines, les diffuseurs, et les producteurs, ceux qui fabriquent les programmes. Là aussi, un décret. Pas de débat. Pas de retard. 

D’où viendrait la grogne, alors ? De l’Elysée ? Manifestement, non. Emmanuel Macron a commencé par taper très fort. La « honte de la République ». Il a obtenu ainsi ce qu’il désirait. La suppression de deux chaines de télé et un audiovisuel public qui s’est mis le doigt sur la couture du pantalon, a réaliser des économies, traduites par une baisse immédiate de la redevance. Pas besoin de loi pour tout ça et maintenant, le président, il a d’autres chats à fouetter. 

C’est peut-être nous, audiovisuel public, qui avons le plus à y perdre. Notre avenir ne peut se résumer à des coupes budgétaires. Un vaste holding regroupant les télés et radios doit voir le jour. Son financement, sa gouvernance, ses missions, son indépendance mérite des discussions fouillées et solides. L’avenir du CSA, notre instance de régulation, aussi. Il lui faut des droits très renforcés et du fric pour les appliquer, sinon les géants américains de la vidéo en ligne, type Netflix, vont continuer à nous rire au nez à se goinfrer chez nous d’abonnés. 

Bref, la loi sur l’audiovisuel, on l’attend. Même Disney , annoncé en mars, aura réussi à arriver chez nous avant.     

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