Plus qu'une semaine avant la diffusion de la cérémonie des Oscars sur ABC. Et la pagaille est à son maximum.

Pagaille hautement symptomatique, vous allez voir. Résumé des épisodes précédents. Supposés trop élitistes, les Oscars commencent par annoncer un trophée de « la réalisation remarquable pour un film populaire », traduction : un Oscar pour les éventuelles grosses merdes qui auraient fait un tabac en salle. Consternation. 

Ensuite, on choisit une méga-star du stand-up pour présenter la cérémonie. L’humoriste Kevin Hart, qui remplit des stades entiers, mais dont on a exhumé des vannes salement homophobes. Au lieu de s’en excuser ou de s’en expliquer, remettant ces blagues dans la bouche d’un personnage de père de famille super beauf qu’il aime à jouer, Kevin Hart a pris tout le monde de haut. Il a fallu le virer. Consternation.

Pour la première fois, la cérémonie n’aura donc pas de présentateurs, seulement des remettants. Mais vous ne les verrez pas tous… Parce que les audiences chutent, le show est jugé trop long. Aussi – décision de l’Académie - quatre Oscars, dont celui de la meilleure image et celui du meilleur montage, seront remis… pendant la pub ! Vous m’avez bien entendue. La chaîne ABC ne sacrifie aucun des écrans publicitaires qui saucissonnent les 3h50 de cérémonie, mais enterre deux des métiers fondamentaux du 7è art, monteur et chef opérateur. Con-ster-na-tion. Martin Scorcese, Quentin Tarentino, George Clooney, Spike Lee et 40 de leurs paires se disent carrément en colère. 

Créés en 1929, les Oscars sont retransmis pour la première fois en 1953, symbolisant l’alliance industrielle du cinéma et de la télévision, dont les studios ne feraient bientôt plus qu’un. La cérémonie vole en éclat pile l’année où Netflix pourrait rafler le trophée du meilleur film, pour Roma. Pas un hasard. Grand et petit écran ne savent plus du tout où ils habitent. Aux Etats-Unis, Netflix compte 60 millions d’abonnés, plus que toutes les chaines du câble. Panique. Cette année, les dépenses de Netflix pour produire des films et des séries pourraient atteindre les 15 milliards de dollars. Les studios de cinéma ne peuvent pas suivre. Panique. 

En outre, les magnats d’Hollywood ne pariant depuis longtemps que sur une poignée de super héros à effets spéciaux, que font les grands noms du cinéma américain, acteurs et réalisateurs ? Ils signent avec Netflix ! Bref, les mêmes qui râlent parce que leurs Oscars ne ressemblent plus à rien.
 

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