Depuis quelques jours, des témoignages fleurissent sur les réseaux sociaux. Des femmes y racontent comment elles ont vécu les suites de leur accouchement.

Jeune mère épuisée
Jeune mère épuisée © Getty / Atipati Netiniyom / EyeEm

Ça se passe sur Instagram et sur Twitter, sous le hashtag #monPostPartum. Des anonymes décrivent la fatigue intense, les contractions qui se poursuivent après la naissance, la douleur de l'épisiotomie (ces points de suture à l'entrée du vagin), la chute des cheveux, ou encore la déprime voire la dépression. 

Pourquoi ces témoignages ? Tout a commencé par une publicité refusée. Une pub américaine pour une marque d'hygiène. On y voit une femme réveillée la nuit par les pleurs de son bébé et qui tente, très péniblement, d'aller aux toilettes. Elle a mal, elle doit se vaporiser de l'eau après avoir uriné mais n'y arrive pas, on imagine que tout irait évidemment beaucoup mieux avec les produits que vend cette marque spécialisée dans les suites de couche... bref. Cette pub devait passer pendant la soirée des Oscars, mais la chaîne ABC n'en a pas voulu. Trop crue. On n'y voit pourtant aucune partie intime en gros plan. Et c'est la réalité de millions de femmes qui viennent d'accoucher. 

Cette vague de témoignages a donc pour but de lever les tabous du post-partum. La mannequin Ashley Graham, 10 millions d'abonnés, fut l'une des premières à poster une photo d'elle en sous vêtements, avec cette légende : "je ne savais pas qu'après l'accouchement je devrais aussi changer mes propres couches". 

Oui, les saignements parfois abondants obligent les femmes à porter ce qui ressemble à des couches pendant plusieurs jours, semaines ou mois. Et sans doute que si cela se savait, on se sentirait moins désemparées une fois concernées. 

C'est le rôle des soignants, des sages-femmes, d'informer leur patientes sur les suites de couches, et elles le font, mais la publicité a aussi un rôle à jouer sur la levée des tabous. On se souvient de la polémique suscitée il y a quelques semaines par une publicité pour des serviettes hygiéniques, en France, dans laquelle on voyait (horreur, malheur !) quelques gouttes de sang rouge... et non pas bleu comme habituellement. La publicité est parfois utile pour faire bouger les lignes et bousculer les injonctions. 

Cela étant dit, je dois vous présenter des excuses pour avoir rompu le pacte, le pacte de silence, celui dont parle si bien Florence Foresti :

"Ils ont fait des statistiques et ils se sont rendus compte que si on racontait la bouch ... le bonheur que c'est, l'humanité pourrait s'éteindre en cinquante ans à peine"

On n'a pas le droit de raconter... Allez, gageons que ce mot dièse "mon post-partum" (qui fait des émules en France) n'empêchera personne de se reproduire ! 

Ces témoignages peuvent être indispensables à beaucoup de jeunes mères, qui se sentiront moins seules. Et pourquoi pas, peser sur le débat de l’allongement du congé paternité : rendre visible la réalité de l’accouchement plaide pour une présence de l’autre parent à la maison. 

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