Elle s’appelle Lilly Singh et elle est la révélation de la télévision américaine. Ces émissions, diffusées en troisième partie de soirée (horaire de la côte Est) sont très peu regardées. Mais leur influence est immense dans le show-biz.

Lilly Singh en septembre 2019 à New York
Lilly Singh en septembre 2019 à New York © Getty / Raymond Hall

Parce qu’elle est une femme, parce qu’elle est jeune, parce qu’elle est née de parents indiens, parce qu’elle est ouvertement bisexuelle, parce que NBC vient de lui confier son propre « Late show », bastion cathodique des hommes blancs, hétéros, de plus de 50 ans.

Ces émissions, diffusées en troisième partie de soirée (horaire de la côte Est) sont très peu regardées. Mais leur influence est immense dans le show-biz et même en politique, grâce à des séquences devenues monstrueusement virales sur les réseaux. Signe des temps, d’ailleurs, Lilly Singh ne vient pas comme ses homologues du stand up, la scène de l’humour nord-américain, mais de YouTube où sa chaîne est suivie par 15 millions d’abonnés. 

Au cours des années 2010, les « Late shows » entament leur mue. Ils rajeunissent… un peu. Le king, David Letterman, prend sa retraite après 35 années d’émissions du soir. Stephen Colbert qui a déjà la cinquantaine et Jimmy Fallon, 10 ans de moins, deviennent les nouveaux maîtres du genre. Et surtout, c’est l’avènement de Trevor Noah, humoriste né en 1984, noir (événement), sud-africain, qui a grandi dans le ghetto de Soweto. 

Ok, mais une femme… 

Merci NBC, d’être la seule grande chaîne où les femmes peuvent avoir un show après minuit dans lequel elles sont autorisées à garder leur vêtement.  

Elle y va, Lilly Singh, multipliant les vannes ultra-provoc’, pointant le nombre de journalistes qui, comme moi, l’ont présentée « femme, bisexuelle et indienne » au point qu’elle songerait à rebaptiser son émission « une soirée un peu tardive avec une femme, bisexuelle et indienne » ! Quant aux patrons de télévisions américaines, elle leur adresse un clip spectaculaire et hyper rentre-dedans. Elle, debout sur la table de réunion d’un conseil d’administration qui rappe sa vie et sa façon de penser. Elle, batte de baseball en main, qui déferle dans les bureaux avec des gonzesses aux différentes couleurs de peau quand le petit écran demeure majoritairement blanc. 

« L’Amérique blanche n’a qu’une peur c’est que les minorités lui prennent son boulot. Soyons honnête, elle a raison », a-t-elle balancé pendant l’émission. Je vous laisse imaginez l’équivalent à la télévision française. De quoi défriser « Valeurs actuelles » et beaucoup d’autres avec en ce moment.   

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