C’est la saison des déclarations de revenus ! Et la nouveauté, cette année, c’est que Youtube vient mettre son nez dans l'histoire…

C’est l’occasion de le rappeler : vous avez jusqu’au 17 mai pour déclarer vos revenus si vous optez pour le papier, et un peu plus de temps si vous le faites sur le web (les dates limites varient en fonction de votre département). Si vous faites votre déclaration en ligne, sur le site impots.gouv.fr, vous tomberez sur cette vidéo

J’arrête là parce que tout le monde va se rendormir, mais sachez que la vidéo dure 2 minutes 15 et qu’au départ, elle était obligatoire : impossible de commencer votre déclaration sans la regarder en entier ! 

Alors oui, le prélèvement à la source, c’est une révolution pour les contribuables, oui, il important de faire de la pédagogie sur un tel sujet. Mais 2 minutes 15, c’est long. On supporte déjà difficilement les vidéos de pub avant d’accéder à un site… 

Pourquoi l’administration fiscale nous fait-elle un coup pareil ?! 

Face aux nombreuses réactions, Bercy a fait machine arrière : on peut désormais couper la vidéo si on le souhaite, et donc couper la chique au monsieur pas marrant que vous venez d’entendre. Mais le problème est-il réglé pour autant ? Pas du tout. Parce que cette vidéo est hébergée par Youtube. Propriété de Google. Sans doute fallait-il un mastodonte pour éviter un bug si beaucoup de monde regarde la vidéo en même temps. Mais c’est cocasse, tout de même, de choisir, pour le site des impôts, une entreprise assez peu connue pour son zèle à payer des impôts ! 

Le problème, c’est surtout que Google récolte des données sur les internautes. Grâce à des petits logiciels de stockage bien connus sous le nom de cookies. Et grâce à des trackers qui fonctionnent si votre compte Google est connecté. Or personne ne pense jamais à se déconnecter : fermer sa boite mail ne suffit pas. Bref, cette fameuse vidéo sur le site des impôts permet à Google d’étoffer les informations déjà collectées sur vous. Pas les données fiscales, je vous rassure, mais l’historique de navigation, par exemple. Des infos en plus qu’il peut vendre aux annonceurs qui pourront ainsi cibler leurs pubs.  

Faut-il voir derrière ce choix une volonté de l’administration fiscale d’offrir nos données aux GAFA ? 

Non. Mais il révèle surtout une certaine forme d’amateurisme sur ce sujet majeur qu’est la protection des données personnelles. C’est d’autant moins rassurant que le RGPD (le règlement européen sur la protection des données) sera mis en place le mois prochain. 

On se rassure avec la CNAV, la caisse d’assurance vieillesse, qui a fermé sa page Facebook il y a quelques jours ! Là aussi pour protéger les données de navigation de ses assurés. 

Peut-être le début d’un peu d’eau dans le gaz entre l’administration française et les GAFA.

Légende du visuel principal:
Capture d'écran de la vidéo explicative sur le prélèvement à la source, déposée sur le compte "dgfipmedia"
L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.