Le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, vient de faire paraître "L’Emprise du faux" (éd. de l'Observatoire). Et il propose de mettre en place des cellules d’investigation pour enquêter non plus sur les faits, mais sur les mensonges.

Il existait il y a quelques années un journal obscur nommé Infos du Monde. Le projet rédactionnel de cette feuille de choux drolatique était assez particulier puisque Infos du monde s’attachait à ne publier que de fausses informations. Un créneau porteur, vous l’avouerez. Or, sans le savoir, cet opuscule satyrique annonçait notre glorieuse époque actuelle, qui voit proliférer, devinez quoi, les fake news, ces fameuses fausses informations qui ont l’air vrai, de sorte qu’on n’y comprend plus rien et qu’on perd la boule. Comme disait Paul Valery : « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux ». Et Donald Trump, l’inventeur des vérités alternatives, ajoute : « I know words, I have the best words » (« je connais les mots, j’ai les meilleurs mots ! ») La vérité n’est-elle qu’une affaire de mots ? Peut-on la modifier à sa guise comme de la pâte à modeler ? Ça ferait un beau sujet pour le bac.

Les Fake News, une invention vieille comme le monde 

Ou plutôt vieille comme la guerre froide, et ça s’appelle, depuis le XXe siecle la désinformation. La désinformation, ou l’art de distiller de fausses nouvelles. Et justement, le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, n’a pas hésité à réveiller ce terme parlant, dans un livre sorti le 14 avril : L’Emprise du faux, Désinformation : le temps du combat.

Et Fabrice Fries lance une idée originale. Il propose de mettre en place des cellules d’investigation pour enquêter non plus sur les faits, mais sur les mensonges. Pourquoi ? parce qu’on ne peut répondre aux fausses nouvelles, dit-il, qu’en les décortiquant. Face aux fake news, il faut oser mettre les mains dans le cambouis. Comme disait le président Mao, il « faut descendre de cheval si on veut cueillir les fleurs ».

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