Un accord historique sur la parité vient d'être signé au journal "Les Echos".

Les Echos
Les Echos © AFP / JOEL SAGET

Le quotidien national, ses suppléments et magazines se donnent cinq ans pour nommer 50% de femmes parmi les directeurs des rédactions, rédacteurs en chef, correspondants, éditorialistes, enquêteurs, chef de service, etc. Le PDG et tous les syndicats ont signé, après un an de négociation mené par trois femmes au nom de toutes. Texte très contraignant. Les managers seront désormais évalués chaque année sur leurs efforts en la matière, quitte à frapper au porte-monnaie, c’est-à-dire la partie variable de leur salaire. 

L’histoire commence en 2013. Le 7 juin paraît un numéro resté collector. Les femmes journalistes des Echos font la grève des signatures. Seuls des papiers écrits par des hommes sont publiés. Dans ce milieu feutré de la presse économique, nos consœurs frappent suffisamment fort pour obtenir des engagements sincères de leur direction. Mais elles s’interdisent à l’époque d’exiger des objectifs chiffrés et datés. Les quotas demeurent un repoussoir dans la culture française. 

Constat d’échec. Dans le groupe Les Echos, il n’y a que 26% de femmes rédactrices en chef. Et au sein du quotidien lui-même, seulement 17%. Terminées les journées annuelles de sensibilisation. Désormais, c’est formation obligatoire sur le long terme pour que les mentalités changent. En outre, s’ouvrira bientôt une deuxième négo sur les écarts de salaires. Car la rédaction des Echos se révèle un laboratoire parfait. Hommes et femmes y ont le même âge moyen, le même niveau de diplôme au départ et la même ancienneté dans la profession. Ils sont loin, néanmoins, de gagner pareil. 

Souvenez-vous, au Parisien-Aujourd’hui en France, 77 femmes s’étaient portées collectivement candidates à un poste de chef parce qu’encore une fois, c’est un homme qui allait être nommé. Depuis, Les Echos et Le Parisien ont le même actionnaire et le même président, mais ne font pas encore partie, juridiquement du même groupe. L’accord ne vaut donc que pour le quotidien économique qui s’illustre car c’est une honte et un handicap de la presse écrite française que d’être depuis toujours et en écrasante majorité dirigée par des hommes. Je ne vous parle pas ici de harcèlement ou autres délits commis à l’encontre des femmes, dénoncés ailleurs. Non, je vous parle d’injustice. De grands et vieux médias où tout le monde est si bien élevé… ce qui n’empêche pas l’injustice d’y être institutionnalisée.  

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