Aujourd’hui, c’est le onzième jour de non-parution du seul et unique quotidien sportif français. De Bernard Pivot à Bob Sinclar, de Marie-Jo Pérec à Philippe Decouflé, des grands noms du sport et de la culture réclament son retour.

Salariés de L'Equipe en grève le 12 janvier 2021 devant le siège du journal à Boulogne-Billancourt
Salariés de L'Equipe en grève le 12 janvier 2021 devant le siège du journal à Boulogne-Billancourt © AFP / Martin BUREAU

Quel est le point commun entre Bernard Pivot et le DJ Bob Sinclar ? Entre Cyril Hanouna et Denis Podalydès de la Comédie française ? Entre Jacques Vendroux et Augustin Trapenard ? Mieux, entre Roger Zabel et le danseur Philippe Decouflé ? Ils lisent « L’Équipe » ! Et ils n’en peuvent plus de ne pas trouver leur journal en kiosque. 

Aujourd’hui, c’est le onzième jour de non-parution du seul et unique quotidien sportif français

« L’Équipe » a connu une grève de neuf jours en 1968, solidarité avec la Sorbonne et les usines occupées oblige. Nul n’imaginait que l’actuel mouvement social irait au-delà. 

Les premiers à signer la pétition titrée « L’Équipe revient ! » sont des grands noms du sport : Michel Platini, Marie-Jo Pérec, Olivier Giroud, rejoints par les anciens du journal et enfin, par un raz-de-marée de personnalités, majoritairement masculines comme Laurent Ruquier ou Enki Bilal, mais pas que. Nathalie Iannetta, Alessandra Sublet, Céline Géraud, kyrielle de femmes qui aiment et connaissent le sport sur le bout des doigts sont de la partie. 

Il y a donc un consensus artistique et médiatique autour de « L’Équipe », mais ça n’a pas aidé la direction du journal et les grévistes à se mettre d’accord, hier. Au contraire, journée plus envenimée que jamais. 

Les collaborateurs refusent en bloc les suppressions de poste et la transformation de l’hebdomadaire « France Football » en supplément mensuel. Ils rappellent que leur maison mère est un groupe riche qui distribue largement des dividendes. 

Oui, répond la direction, mais les journaux du groupe sont structurellement déficitaires. Il faut arrêter l’hémorragie et réaliser quatre millions d’euros d’économies par an. 

Les actionnaires proposent maintenant une rupture conventionnelle collective (permettant à ceux qui le veulent de partir dans des conditions confortables). Les autres devant consentir à des sacrifices moindres que ceux exigés au mois de juin dernier. 

A savoir : renoncer à dix jours de congé sur quatorze semaines, et à 5% maximum de leur rémunération pendant un an et demi.

La direction a fait savoir dans « Le Figaro » la semaine dernière que les journalistes de « L’Équipe » gagnent plus que la profession, soit 4900 euros bruts en moyenne. 

Ça a ulcéré les syndicats qui aurait aimé que les patrons de « L’Équipe » donnent eux aussi leurs salaires : « Ils sont le reflet d’un groupe qui a les moyens de payer mais qui demande des efforts aux salariés ». 

Hier après-midi, Jean-Louis Pelé, directeur général, s’est justifié devant nombre de grévistes massés à la cafet’ de « L’Équipe ». Grève reconduite. 

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