Dans le cadre de "La semaine des médias à l’école", Sonia Devillers consacre son édito aux relations entre les jeunes et les médias. Elle nous emmène ce matin à la recherche des journaux lycéens, qu'il soient fanzines papiers, blogs sur internet ou webtélés.

Des jeunes en train de faire un vlog
Des jeunes en train de faire un vlog © Getty / Caiaimage/Rob Daly

Et je vous emmène à la recherche des journaux lycéens. Partout en France, de la 6ème à la terminale, ça gratte du papier : Le P’tit Paul à Dunkerque, le Châtillonais des collégiens, le Beauregard Times à Montbrisson, Giono & Co à Marseille, le Space Montaigne, du Lycée Montaigne de Périgueux. Pauvre Montaigne devenu "space" et devenu blog. Parce que les fanzines polycopiés de l’après-1968 se sont dématérialisés. Le numérique permet tout. Prendre d’assaut les ondes à Bizanos, par exemple.  Mais les webtélés, aussi, fleurissent dans les établissements. Comme à Pontoise, avec un vrai studio de journal télévisé. 

Habillage, interview d’un ministre, reportages (avec même un sujet marronnier sur la rentrée !). Bref, quelque soit le support, la création d’un média en milieu scolaire demeure une entreprise pédagogique à haute valeur ajoutée engageant le collectif, l’écriture, la narration, la prise de parole, le débat, etc… 

Et puis, comment faire comprendre à un élève ce qu’est une fausse information, s’il ne comprend tout simplement pas ce qu’est une information ? Comment elle se produit, ce qu’est un fait, une analyse, un point de vue. Commencez par les vertus du journalisme, les mômes n’en verront que plus intelligemment les vices et les faux nez. Et puis, merci aux documentalistes, souvent pivots de ces précieux ateliers. 

Ceci dit, on en regarde, dans toutes les académies, la cartographie, et on se demande ce qui cloche, ce qui manque, ce qui a changé. Où est passée la parole libre, brute, décomplexée et politisée des jeunes ? Ces médias lycéens sont des projets de profs, du moins validés par l’autorité. 

Le journal du lycée fut longtemps l’espace de cris, de rires, de transgression et d’opinion d’une jeunesse qui y démolissait à longueur de colonnes l’institution. Il fut toléré. Il fut aussi censuré. Les gamins y ont dit leurs peurs et leurs envies jusqu’aux années 2000 où ces mots-là migrent sur Skyblog. Une explosion artistique, fictionnelle, politique, intime, bordélique. Émergence du "je". Fin du collectif qu’imposait le lycée, on écrit à la première personne jusqu’à l’arrivée de Facebook et des réseaux sociaux d’après. 

Le journal, lui, est resté au lycée. Il y remplit une autre fonction désormais, celle de recréer du lien entre la jeunesse et la presse. 

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