Samedi, les manifestations des gilets jaunes ont eu lieu aussi dans le monde virtuel des jeux vidéo

Direction Grand Thief Auto, dit GTA, sorte de western urbain dans lequel le joueur incarne un bandit. Pas de scénario ici, vous avez le choix : enquiller discrètement vos petites missions ou semer la terreur dans une sorte de Los Angeles imaginaire. Or, le niveau de personnalisation des personnages et de leurs accessoires est devenu tel que d’aucun ont joué samedi à faire brûler des voitures sous un pont ou à bloquer toute une autoroute, munis de gilets oranges, version américaine de notre cardigan de sécurité. 

Mieux, certains ont eu accès à une mise à jour permettant d’insérer dans le jeu des gendarmes, uniformes et fourgonnettes françaises. Face à eux des manifestants à gilets jaunes, jaunes, le tout dans une partie en live branchée sur le vrai son de manifestations. On entendait donc, en français, les impétrants scander « solidarité ! ». Sauf que, dans GTA, le face à face avec les forces de l’ordre ça ne rigole pas. Ça a tourné au carnage. 

Bilan : masque à gaz, tire à balle réelle, cocktail Molotov, des morts et du sang partout. 

GTA déploie désormais sa version en ligne avec possibilité de rassembler des dizaines de joueurs qui peuvent coopérer. C’est là que le jeu vidéo prend aujourd’hui une dimension passionnante : c’est un réseau, c’est un média social à part entière. Là aussi peuvent monter des mots d’ordre et des actions concertées. Le jeu vidéo comme surface d’expression sociale et politique. En 2016, GTA était déjà le terrain des trumpistes qui se servaient de ces doubles virtuels pour faire passer des messages… 

C’est drôle, parce que la personnalisation des accessoires n’a, au départ, pas du tout été pensée pour cela. Il s’agissait d’allonger la durée de vie des jeux en faisant en sorte que le joueur veuille toujours acquérir de la nouveauté. En fait, c’est l’occasion de parfaire des identités numériques et une identité, ce n’est pas qu’une silhouette animée. Samedi, dans The Crew, jeu américain de courses automobiles dont on peut customiser à l’infini les bagnoles, on a en vues se poursuivre avec des gilets jaunes et le slogan « Macron démission » peinturlurés sur les portières ! 

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