Une youtubeuse voit sa vie basculer après avoir critiqué la robe de miss Thaïlande 2018.

Capture d'écran de la robe de Miss Thaïlande, critiquée par une youtubeuse, qui a provoqué un tollé
Capture d'écran de la robe de Miss Thaïlande, critiquée par une youtubeuse, qui a provoqué un tollé © Tiré du compte instagram de Miss Thaïlande, Sophida Ning

C’est même un cauchemar. La youtubeuse thaïlandaise, ultra populaire en son pays, se nomme Wanchaleom Jamnaeanphol. Elle a une voix d’homme. Elle s’est fait récemment opérer pour être la femme qu’elle est. Mais ce n’est pas un sujet pour ses concitoyens. En revanche, son poste Facebook de dimanche soir a mis le feu au pays. Wanchaleom distille comme chaque jour ses critiques et conseils en matière de look et de beauté, pour elle-même (elle a mis en scène sa transition) et pour les autres. Ce soir-là, on est en pleine finale du concours Miss Univers, Miss Thaïlande y entame sa prestation.

Wanchaleom Jamneanphol écrit combien elle trouve la robe de sa miss moche. Une sorte de machin soyeux bleu, avec force broderies, perles, bustier et traîne. Le décolleté étant recouvert d’un voile chair très bas de gamme. Bref, la ringardise sous toutes ses coutures. Nous sommes si nombreux, chère Wanchaleom, à penser comme vous. Moi, je peux même le dire à la radio. Même si cette affreuse meringue de soirée a été dessinée par la fille du roi, la princesse Sirivannavari Nariratana qui collectionne les vêtements de luxe et passe sa vie dans les défilés haute-couture à Paris. Seulement voilà, un très puissant homme d’affaires thaïlandais, qui se mêle de politique, a jugé publiquement que la critique de notre youtubeuse affectait « la réputation du pays » et relevait d’un « comportement irresponsable ». 

Wanchaleom tombe ainsi sous le coup d’une loi dite de « lèse-majesté », punissant les atteintes au souverain, sa famille et aux signes de la monarchie qu’il est interdit de critiquer. L’année dernière, un homme a écopé de 35 ans de prison pour avoir « diffamé » le clan royal sur Facebook. En effet, le Royaume a également renforcé, en 2016, la déjà très redoutée loi sur les crimes informatiques. La Thaïlande est l’un des pays qui réprime la liberté d’expression le plus durement au monde. Wanchaleom Jamneanphol a publiquement demandé pardon à son Altesse Royale. On ne sait si la police et sa Majesté en tiendront compte.  

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