Le groupe Altice, qui détient les chaînes de radio et de télévision BFM et RMC, a annoncé un plan de départ volontaire.

Un plan qui pourrait s’avérer massif. Car si les volontaires ne sont pas assez nombreux, il procèdera à des licenciements secs. En outre, le recours aux pigistes et aux consultants sera divisé par deux. Et si ce groupe, Altice, n’était que le premier ? Et si les géants français de l’audiovisuel privé allaient tous y passer les uns après les autres ? 

Pas de mesure radio, mais le palmarès télé du confinement donne le tournis : les 20H de TF1 avoisinant les huit millions de téléspectateurs. Les audiences de LCI en hausse de 60% sur un an. Les premières semaines de confinement aussi élevées sur BFM TV que les samedis de gilets jaunes. Les talk-shows, Quotidien et C à Vous battant leurs records. Cyril Lignac plébiscité sur La 6. Les après-midis cinéma caracolant sur France 2

Seulement partout, même constat. Les écrans publicitaires se sont vidés dès début de la crise. Les entreprises – c’est un classique - coupent dans leurs dépenses de communication en cas de coup dur. Or, de la pub proviennent les trois quarts des revenus des chaines privées. TF1 perd 40 millions d’euros au premier trimestre, NRJ, 82 millions, M6 prévoit 200 millions en moins sur l’année. D’ailleurs le patron de M6 - également celui de RTL - dit vouloir faire 100 millions d’euros d’économie. Et les autres, à qui le tour ? 

Outre la Bérézina publicitaire, le groupe Altice doit aussi éponger ses dépenses faramineuses dans le sport. Un milliard d’euros, le prix de la Ligue des Champions, saisons 2018 à 2021. Plus un bouquet de chaînes créé pour l’occasion, RMC Sports, évidemment déficitaire. Alors oui… joli bénéfice d’image et produit d’appel de luxe pour les abonnés de l’opérateur SFR qui fait partie du même groupe. Mais cela ne suffit plus. Car la Ligue des Champions s’en retournera bientôt sur Canal , et le Covid a interrompu net la compétition reine, déclenchant la furie des abonnés. 

Altice va donc larguer ce qui lui coûte et ne lui rapporte pas. Dans ce contexte, le groupe se sépare de Libération, transformé « pour son bien » en fondation. Les salariés de Libé, eux, redoutent une manière déguisée de réduire leur nombre puis, de les lâcher en rase campagne. À la lumière des annonces d’hier, on comprend leurs craintes.  

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