Le “Financial Times” de Londres veut modifier son image.

Le quotidien britannique "Financial Times" a trouvé une manière d'augmenter la présence des femmes dans ses articles !
Le quotidien britannique "Financial Times" a trouvé une manière d'augmenter la présence des femmes dans ses articles ! © Getty / simonkr

Et son contenu ! Le Guardian, autre grand quotidien britannique, et Le Figaro se sont penchés sur cette institution de l’information  économique londonienne. Il y a une donnée « obvious » (« manifeste ») : depuis le printemps, le Financial Times s’oblige à ce qu’une tribune sur quatre, publiée dans ses pages « Débats et opinions », soit au moins signée par une femme

La rédaction du Financial Times s’avère elle-même loin d’être paritaire et le sujet de l’égalité des salaires n’y est pas abordée. En revanche, politique volontariste pour féminiser l’image du journal. Décision a été prise d’envoyer au moins 40% de femmes en télévision et radio pour commenter l’actualité et interdiction a été faite aux salariés de participer à toutes tables rondes qui ne réuniraient que des hommes. 

Je vous parle ici d’une institution plus que centenaire, synonyme de trois pièces gris et de calvitie. Le FT, comme on dit, peut-il demeurer l’objet exclusif de mâles blancs confis dans la City ? Le quotidien se sait lu à 80% par des hommes. Or, pour la première fois de sa longue histoire le quotidien fait le lien entre le sexe de son lectorat et celui des experts qui y sont cités : 79% d’hommes ! Et oui, business is business. Certes, les propos de femmes sont répercutés dans les articles consacrés au système de santé anglais, à l’immigration américaine ou à la régulation bruxelloise. Mais, dans les rubriques banque, commerce et industrie pétrolière : que des voix masculines. 

Voici donc l’expérience menée en ce moment : on a introduit un bot informatique dans le logiciel d’édition du Financial Times. L’idée est simple : envoyer un message d’alerte aux journalistes dès lors qu’ils citent trop d’hommes. Ce bot repère et comptabilise les pronoms  et les prénoms dans un article en cours d’écriture. Lorsque le féminin s’avère en écrasante minorité, ça bipe. Ce qui n’empêche pas le papier d’être publié, mais qui aide son rédacteur à prendre conscience de la teneur de son travail. 

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