Sur la plateforme de SVOD Disney+ sont apparus des panneaux de mise en garde avant certains dessins animés. Qu'ont-ils de choquants ?

Capture d'écran de "Dumbo" - Image storiesmatter
Capture d'écran de "Dumbo" - Image storiesmatter © Walt Disney

Ni sexe, ni violence. Mais des séquences ou des personnages jugés aujourd’hui racistes. L’histoire du dessin animé n’a pas échappé aux tombereaux de stéréotypes charriés par la chanson, la littérature, le cinéma ou l’illustration. Exemple le plus décrié du catalogue Disney ? « Dumbo », un éléphant qui vole aux prises avec un corbeau surnommé Jim Crow…

Problème, le corbeau Jim Crow emprunte son nom à un personnage de comédie musicale blanc qui ridiculisait les noirs et à un texte de loi de 1877, qui régit la ségrégation raciale en Amérique. Tout un contexte historique que la Walt Disney Company se sent désormais en devoir de mettre en lumière. Comme elle reconnaît frontalement qu’à une époque, « Peter Pan » se permettait de railler les Amérindiens ou que les siamois des « Aristochats » incarnaient des hyper méchants hyper chinois. 

Ainsi l’empire Mickey assume-t-il « l’impact » que les représentations véhiculées par les médias de masse ont sur une société, 

Et il renvoie à un site : Stories Matter, « les histoires comptent ». L’occasion pour l’industrie culturelle de réfléchir à elle-même et de prendre pleinement sa part de responsabilité dans le débat public. Passionnant et… malin car en prenant ses responsabilités Disney renforce ce qu’on appelle sa clause de non-responsabilité, donc se prémunit contre toutes les attaques.

Le spectateur ne peut plus échapper au carton d’avertissement glissé avant le générique alors qu’au préalable les mises en garde concernant racisme et discrimination ne figuraient que dans le chapitre « description » des films.

A noter que je vous cause ici de la plateforme de vidéos à la demande, Disney . Elle a été lancée il y a dix mois et compte déjà 60 millions d’abonnés. Il ne s’agit plus de salles de cinéma, ni de télévision pays par pays, mais d’une bibliothèque numérique qui expose les œuvres à une audience mondialisée, avec les chocs culturels et mémoriels que cela suppose.

Vous avez remarqué quand a éclaté la polémique soulevée par « Autant en Emporte le vent » et sa représentation de l’esclavage ? Lorsque la Warner, studio hollywoodien historique comme Disney, a lancé HBO Max, plateforme de vidéo à la demande sur laquelle est mis en ligne « Autant en emporte le vent ». Avec un avertissement. Pareil.   

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