En 2021, verra-t-on deux personnages s’embrasser à l’écran ? 

Le Covid va-t-il tuer le baiser de cinéma ?
Le Covid va-t-il tuer le baiser de cinéma ? © Getty

Toutes les productions de fiction sont à l’arrêt. Or, le fort en gueule Jean-Luc Azoulay, inventeur de « Hélène et les garçons » et producteur de sa série dérivée « Les Mystères de l’amour », dont la 23ème saison est en préparation, a annoncé hier sur Twitter, la reprise du tournage. Posant la question suivante : « Comment faire tester les comédiens qui ne peuvent pas porter de masques ? ».  

Voilà donc une réalité bien crue. Samedi, sur France Inter, le producteur du « Bureau des Légendes », indiquait que les américains sont en train d’édicter des règles d’hygiène ultra-strictes pour les tournages, et que ceux-ci ne reprendront, à Hollywood et ailleurs, qu’avec des médecins sur les plateaux. Mais qu’en effet, les acteurs ne pourront travailler que s’ils ont été testés. Il faudra s’assurer de leur non-contagiosité. 

Seulement voilà, les tests à grande échelle, c’est pas pour tout de suite et « Les Mystères de l’amour » ne seront pas prioritaires. Donc, ça va donner, l’année prochaine, des fictions télés, des séries Netflix et des films de cinéma, avec des personnages qui se tiendront à 2 mètres les uns des autres, sinon biiiiiiiiiip, coup sifflet du médecin, qui remettra tout le monde à sa place !

Tous les genres dramatiques revus et corrigés à l’aune de la distanciation sociale ! Les comédies romantiques, vous imaginez ? Ils ont mis un film entier à réussir à s’aimer mais, au final, ils se déclarent leur amour sans se toucher ! Verra-t-on, à l’écran, les tranchées de 14-18 pleines de poilus ou seulement des westerns, dans le désert, avec personne à la ronde ? Verra-t-on des logements exigus de pauvres ou seulement des villas de 38 chambres pour deux habitants, à l’écran ? Reverra-t-on des bastons ? Des corps à corps où l’on s’empoigne ? Reverra-t-on des acteurs de plus de 60 ans, ou va-t-on passer une année sans Fabrice Luchini et Clint Eastwood en attendant le vaccin ? 

Enfin, reverra-t-on encore des films pornographiques ? Industrie qui a connu la terrible question des tests et du danger sanitaire à l’époque du Sida. Ce dernier exemple, nous rappelle évidemment que derrière la blague, il y a un enjeu très sérieux. Le risque est grand. Pour cette raison, les producteurs réclament tous l’appui des assureurs qui, à ce jour, refusent de couvrir l’épidémie. 

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