Samedi soir, Amandine Petit a été sacrée Miss France. Et pourtant, dans les heures qui ont suivi, c’est de sa dauphine dont on a le plus parlé sur Twitter... Sa dauphine, c’est Miss Provence, April Benayoum.

April Benayoum, Miss Provence 2020
April Benayoum, Miss Provence 2020 © Maxppp / LA PROVENCE/TOMASELLI Antoine

Dans la première partie de l’émission, comme le veut la tradition, des petits reportages sur les candidates sont diffusés... Arrive celui de Miss Provence. Elle a 21 ans, elle est étudiante en école de commerce, passionnée de géographie, et adore découvrir différentes cultures. Et d’ailleurs, dit-elle, “j’ai moi-même des origines assez variées : ma mère est serbe-croate, et mon père israélien-italien”. Et voilà. 

Il n’en fallait pas plus pour déclencher des messages de haine, pour que certains internautes se permettent, sur Twitter, de publier des propos antisémites. Certains ont appelé à ne pas voter pour la candidate, en raison de ses origines, d’autres ont carrément fait référence au nazisme.  Alors il est difficile de savoir combien de messages de ce type ont été publiés, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ont déclenché une énorme vague d’indignation. 

Les messages de soutien envers April Benayoum ont inondé la plateforme, certains sont même venus de ministres. Hier, cette affaire était le sujet le plus discuté en France sur le réseau social. Ca rassure, et en même temps, malgré les bonnes intentions, ça a aussi tendance à donner beaucoup de visibilité à ces messages haineux. 

Que fait Twitter contre ce type de propos ?

On peut se poser la question. L’an dernier, même concours, même phénomène : Clémence Botino, Miss Guadeloupe, était sacrée Miss France... et avait aussitôt été la cible de messages racistes sur Twitter

Et bien entendu, les propos haineux ne sont pas réservés aux concours de beauté, les exemples sont, malheureusement, innombrables.  Certes, ce type de messages n’existe pas que sur Twitter. Mais quand il s’agit de lutter contre, ce réseau social fait systématiquement figure de mauvais élève - au point d’avoir été assigné en justice, cette année, par des associations françaises, pour “inaction massive”. 

Alors tout de même : notons que dans le cas de Miss Provence, une partie des messages a depuis été supprimée - mais on ne sait pas si c’est Twitter qui les a retirés, ou leurs auteurs.

Et malheureusement, ce matin encore, certains étaient toujours en ligne. Maintenant c’est aussi à la justice de faire son travail. Marlène Schiappa, la ministre déléguée à la citoyenneté, dit avoir adressé un signalement au procureur de la république. 

Et la Licra, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, a annoncé son intention de porter l’affaire devant la justice. Car oui, on peut être condamné pour des propos illégaux sur Twitter. Le soi-disant anonymat qui règne sur les réseaux sociaux ne protège pas : on peut retrouver les auteurs de ces messages, même s’ils utilisent un pseudonyme et même s’ils ont fermé leur compte. Car non, Internet n’est pas, comme on l’entend dire trop souvent, une zone de non droit.

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