Le CSA change jeudi prochain de président. Sonia fait le point sur les dossiers chauds qui attendent le nouvel arrivant.

Bureaux du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel
Bureaux du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel © Maxppp / Alexis Sciard / IP3

Le premier d’entre eux, c’est le CSA lui-même ! 

La réforme de l’audiovisuel public a pris un sacré retard. Or, au cœur de cette loi, il y a l’avenir du Conseil supérieur. Celui-ci est supposé élargir ses compétences aux contenus numériques. Mais, pour ce faire, il faut lui en donner les moyens juridiques et aussi opérationnels. On parle de fusion avec les instances en charge des télécoms ou du piratage sur Internet. En fait, aucune idée. Un peu comme si vous achetiez une maison, qu’on vous en remettait les clés, sans savoir si on allait vous permettre de faire tous les travaux d’agrandissement dont vous rêviez ou si, en réalité, on allait vous demandez d’en démolir la moitié. 

Le nouvel occupant se nomme Roch-Olivier Maistre. Ce haut fonctionnaire a déjà participé à l’élaboration d’une loi sur l’audiovisuel, il y a 30 ans, aux côtés de François Léotard. 1986, la préhistoire ! Oui, toutefois, sachez que cette loi-là a structuré tout le paysage audiovisuel français et que peu de présidents ont eu le courage d’y toucher. En tous cas, pas François Hollande qui n’a quasiment rien fait pour l’audiovisuel à part redonner au CSA le pouvoir de nommer les patrons de radios et télés publiques. Raté, Macron va le lui retirer ! 

Entrons maintenant dans cette maison à taille variable 

A l’intérieur, le président et le collège sortant ont laissé, pour les suivants, mijoter une cocotte sur le point d’exploser. Nommons-la, « le canal 14 ». C’est un numéro de chaîne sur votre télécommande, génialement placé pour une chaîne info puisque juste avant BFM TV (15) et CNews (16). Pensez à LCI et Franceinfo planquées tout au bout de la TNT. Leurs maisons mères (TF1 et France Télévisions) sont prêtes à tout pour remonter à la 14ème place. Mais le patron de BFM TV hurle déjà au favoritisme et à la trahison. 

Bref, soulevez le couvercle de la marmite. Tout ce petit monde semble cuit à point pour s'entredéchirer. 

Et après deux mois de gilets jaunes, croyez-moi, le gouvernement ne rigole plus du tout avec la question des chaînes info. L’attribution du précieux 14 peut devenir hautement politique. 

C’est le président du CSA qui en décidera. En fin cuisinier qui négocie, en même temps, le futur de sa maison et son agrandissement.   

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.