Netflix annonce des résultats mirobolants. Et la France ne devrait pas tarder à en profiter…

200 millions d'abonnés payent pour Netflix dans le monde… De l'argent pour le cinéma français ?
200 millions d'abonnés payent pour Netflix dans le monde… De l'argent pour le cinéma français ? © AFP / Jakub Porzycki / NurPhoto / NurPhoto

203 millions d’abonnés dans le monde. C’est 8 millions de plus qu’il y a trois mois et 100 millions de plus qu’il y a deux ans. 

Les plateformes de vidéo à la demande s’avèrent dopées par les confinements successifs et la fermeture des lieux culturels et des restaurants. Plus de temps passé dans le foyer, c'est plus de temps passé devant les écrans, mais aussi plus de pouvoir d’achat pour financer des abonnements. Rien de surprenant. Toutes les plateformes engloutissent de nouveaux utilisateurs.

Moins attendu, en revanche : le modèle économique de Netflix devient rentable : 3 milliards de bénéfice. Jusqu’à présent, Netflix levait des fonds à l’extérieur et faisait de très gros chèques à perte. Quatre milliards de dollars dépensés en 2015 dans de nouvelles productions, 5 milliards en 2016, 6 milliards en 2017, 12 milliards en 2018, 15 milliards en 2019, 20 milliards l’année dernière ! Pari gagné. Les exclusivités maison - "The Crown" sur la reine d’Angleterre ou "Le Jeu de la dame" sur les échecs - font parler et attirent les abonnés. En outre, le prix de l’abonnement augmentant, ceux-ci rapportent plus d’argent. 

En 2021, Netflix annonce 70 nouveautés tournées avec une palanquée de stars. Là-dedans, combien de films, de séries, de docus, de dessins animés français ? En décembre, notre gouvernement a bouclé son décret obligeant les géants américains à investir, dans des productions françaises, un quart du chiffre d’affaires qu’il réalise chez nous : 20% dans le cinéma, 80% dans l’audiovisuel. Cela constituera un énorme apport de capitaux pour l’industrie tricolore : 200 millions d’euros par an, probablement. 

Mais nous sommes déjà mi-janvier. Le texte ne sera pas rétroactif. Il y a urgence à le voir publié. Les salles de cinéma sont fermées, les distributeurs qui mettent de l’argent dans les films sont à genou, les chaines de télé voient leurs revenus publicitaires dévisser. L’argent américain est attendu avec fébrilité. 

Encore faut-il que le CSA donne son feu vert dans les quinze jours à venir, puis que le Conseil de l’Europe valide avant trois mois ce décret. Les professionnels en sont hyper satisfaits. Le gouvernement ayant évité la plupart des pièges qui auraient donné un pouvoir exorbitant aux plateformes. Attention, néanmoins, le diable se niche encore dans les modalités d’application. 

En attendant, qui va financer la restauration d’un chef d’œuvre du cinéma français ? Le "Napoléon" d’Abel Gance, 1927. Netflix, évidemment. Pensez donc : "Napoléon", tyran ET conquérant. Ca leur va comme un gant ! 

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