Après un mois et demi de grève, les journalistes de France Soir ont tous été licenciés pour motif économique.

Tous, signifie 4 personnes. Ça n’était plus que ça France Soir. Elle est si affligeante cette histoire. 4 journalistes à la peine, malmenés par un employeur qui les déclare comme tel, mais qui refuse d’appliquer la convention collective de leur métier. 4 cartes de presse à bout de force et d’illusions qui cessent de travailler, pour faire au moins savoir qu’elles existent encore. Et que du grand quotidien d’après-guerre qui fut le leur, il reste un site internet du même (illustre) nom.   

De France Soir, tant racheté et revendu, on avait perdu la trace de propriétaires. Voilà qu’un nom surgit, Xavier Azalbert. Allez donc faire un tour du côté des statuts de sa société. Qu’est-ce que France Soir Groupe ? « Une offre unique et innovante dans les 3 M : Média, Mutualisation, Money-tisation. Où l’histoire d’un entrepreneur qui rachète la marque France Soir, la couple avec une activité de « Crowd expertise » et rachète dans la foulée un logiciel et une société de courtage en prêts immobiliers. Le rapport ? Xavier Azalbert n’investit que dans des trucs qui, selon lui, commencent par M (comme média). D’ailleurs, il voulait s’étendre dans la banque en ligne, en acquérant Morning Bank avec un M. Raté. 

En attendant, vous comprendrez combien les journalistes (avec un J) n’ont rien à faire dans ce radieux projet en M. Le propriétaire de « France Soir » s’en est simplement débarrassé. Vous me direz « Et alors ? », vous n’aurez pas tort. Vous direz « eh, les journalistes, bien corporatistes, toujours prêts à vous défendre entre vous ! Franchement indécents quand il s’agit de 4 personnes alors que la prochaine fermeture d’une usine Michelin en concerne 600 ! ». Vous aurez raison. 

A ceci près que France Soir se présente comme un « quotidien d’information général 100% numérique ». Sans journalistes ? Ça, c’est inadmissible. Quand la presse et les chaines d’info se plantent sur Xavier Dupont de Ligonnès, le public hurle à la « fake news ». Non, c’était une erreur journalistique, pas une information volontairement trompeuse. Énorme différence. Mais on n’écoute rien et on confond tout. Monsieur Azalbert : à « France Soir » ôtez le M de « média », le M de « marketing » suffira. C’est peut-être un détail pour vous. Mais pour nous, ça veut dire beaucoup.  

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