Donald Trump a enfin donné son accord pour un rachat du réseau social chinois Tik Tok.

L’interdiction de télécharger l’application Tiktok aux Etats-Unis est reportée jusqu’au 27 septembre.
L’interdiction de télécharger l’application Tiktok aux Etats-Unis est reportée jusqu’au 27 septembre. © AFP / Olivier DOULIERY

Donald Trump a enfin donné son accord pour un rachat du réseau social chinois Tik Tok.

L’affaire n’a cessé de se corser depuis cet été. Elle semble se dénouer, je propose de vous la récapituler. Donald Trump a fait de la technologie le front d’une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine. Il accuse les applications, réseaux sociaux, opérateurs télécom et fabricants de matériel informatiques chinois d’être les bras armés d’un parti communiste menaçant la sécurité nationale américaines.

Le président a donc dressé une liste noire d’ennemis à juguler dans ce secteur. Parmi eux, Tik Tok, le réseau adoré des ados, aux 800 millions d'utilisateurs dont 100 millions aux States. Une machine, selon les US, à aspirer de la donnée personnelle de citoyens américains. D’où cette injonction édictée au mois d'août : si le 20 septembre, Tik Tok n’est pas vendue à un ricain, Tik Tok sera interdite aux Etats-Unis car Tik Tok espionne les Etats-Unis. Pékin s’est étranglé face à la vente forcée de sa pépite et s’est promis de ne laisser personne toucher à ce qu'elle recèle de plus précieux : la formule secrète de son algorithme. 

Le 20 septembre, échéance de l’ultimatum, c’était hier. Tik Tok est toujours là. Pourquoi ? 

Parce que rapidement, des géants de l’informatique yankee se sont montrés intéressés, et qu’on leur a laissé quelques jours pour négocier. Il y avait Microsoft sur le rang mais, Donald Trump s'étant autoproclamé arbitre suprême de cette transaction, il a préféré Oracle comme maître d’œuvre de Tik Tok en Amérique. Oracle, pas une jeune pousse cool de la Silicon Valley, non, un poids lourd créé dans les années 1970, spécialisé dans la gestion de bases de données et la puissance de calcul. Son cofondateur ? Larry Ellisson, un fervent soutien et collecteurs de fonds pour Donald Trump. Ou comment passer de la menace étrangère à l’entre-soi, voire au conflit d'intérêt, dans un même dossier.  

Pour propulser ce Tik Tok qui conservera son nom chinois mais n'aura plus rien de chinois, Oracle s'allie avec le mastodonte du commerce Walmart qui assurera la partie vente en ligne et services de paiement. Un nouveau siège devrait voir le jour au Texas et le recrutement de 25 000 personnes est annoncé. En outre, les entreprises susmentionnées vont faire un don de cinq milliards de dollars « pour l'éducation des jeunes américains », s'est félicité le président. 

Le capitalisme oui, mais au service de la patrie. 

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.