Le magazine féminin "Glamour" va fermer ses portes en France. Fin de son édition papier et de son site web.

Le magazine Glamour, en France, va bientôt disparaître.
Le magazine Glamour, en France, va bientôt disparaître. © Getty / Elisabeth Schmitt

Cela vous paraîtra probablement anecdotique. Pourtant, cela raconte beaucoup du marché de la presse féminine. Glamour ne se vend plus qu’à une centaine de milliers d’exemplaires chez nous. C’est carrément moins qu’avant, mais – s’il fallait justifier une décision aussi radicale - ce n’est pas « plus rien du tout ». En outre, il y a derrière ce titre un groupe américain puissant, Condé Nast, qui possède le New Yorker, mais aussi Vogue, Vanity Fair ou GQ, déclinés dans le monde entier. Seulement voilà, le groupe ne croit plus en Glamour, et s’apprête à liquider la marque.

Glamour est un journal ancien, créé avant-guerre aux Etats-Unis. Il accompagne l’essor de la photographie et vise un lectorat plus jeune, plus décontracté, et moins aisé que celui du Vogue, qui a toujours donné dans le très haut de gamme. Condé Nast a attendu les années 90 pour lancer Glamour à l’étranger. L’édition française est arrivée à la fin des années 1980. Un succès. Glamour au Mexique, aussi, en Afrique du Sud, en Hongrie, en Islande, en Russie et au Brésil. Revue inventive et bien fichue, petite cash-machine publicitaire efficace et facilement exportable, mais… qui ne survivra pas à Instagram, le réseau social tout en image, filiale de Facebook qui aspire non seulement toute l’audience, mais aussi toute la pub sur le numérique.  

Glamour, de la photo et des jeunes lectrices ? Autant dire un combo MORTEL pour un journal aujourd’hui. La côte des mannequins et autres starlettes ne se mesurent plus au nombre de couvertures, mais aux nombres d’abonnés sur les réseaux sociaux. Des jeunes femmes qui parlent aux jeunes filles. Un canard féminin qui s’interpose, leur dit quoi porter et comment se coiffer ? C’est terminé. Les défilés de mode font le tour de la planète en une fraction de seconde. Les influenceuses, blogueuses, youtubeuses mode et beauté sauront plus vite quoi en penser que n’importe quelle édition papier.

En France, Glamour, ce n’était plus que dix numéros par an, puis six, bientôt plus du tout, selon nos informations. Il compte seulement deux éditions annuelles en Grande-Bretagne… Le journal papier a déjà a été supprimé en Italie, idem aux Etats-Unis. Il reste bien portant en Allemagne où il est maintenu. Décision, donc, pays par pays. Pas de date de fermeture annoncée en France. Mais on parle d’un dernier numéro en mars prochain. Les négociations sont en cours pour recaser ou faire partir la trentaine de salariés concernés.

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