Des jeunes fans de K Pop - de la variété coréenne - ont coordonné une action contre le meeting de Donald Trump, ce week-end. Comment fonctionne cette communauté ?

Premier meeting de Donald Trump, à Tulsa
Premier meeting de Donald Trump, à Tulsa © AFP / Kyle Mazza / Anadolu Agency

La K Pop, on voit à peu près ce que c'est. De la musique coréenne ultra-commerciale, portée par des groupes de filles ou de garçons, qui exécutent des « chorée » de dingue en uniforme.

Ce que l’on sait moins : ces groupes jouissent d’un engouement mondial. Parmi les fans, une part gigantesque d’ados occidentaux. Aussi actifs en Europe qu’aux Etats-Unis. Ils se font appeler les K Pop Stans. Pourquoi ? Parce que le rappeur américain Eminem raconte dans un  sublime morceau la descente aux enfers d’un jeune fan prénommé Stan. Les « Stans », ce sont donc ces groupies obsessionnelles et prêtes à tout. Ensemble, les Stans forment une communauté très organisée sur les réseaux sociaux. Comme le furent avant eux les Beliebers, les fans de Justin Bieber.

La grosse surprise (enfin, pour les non initiés), c’est la politisations des K Pop Stans, appelant massivement à prendre des billets pour le meeting de Trump et à ne pas s’y rendre. L’idée ? Saturer la billetterie, vider la salle. Nul ne peut mesurer l'impact de cette opération de « cyberactivisme ». Mais le volume de vidéos échangées sur le sujet s’est révélé gigantesque. 

De fait, ce n’est pas la première fois que les Stans s’engagent et utilisent les réseaux sociaux. Ils ont été très visibles sur Twitter au plus fort de la crise à Hong-Kong et ils s’avèrent totalement déchaînés sur Tik Tok pour soutenir le mouvement « Black Live Matter ». Jeudi dernier, je vous parlais en ricanant de ces grands quotidiens qui se lancent sur le réseau Tik Tok en essayant de parler « jeune » avec des vidéos « jeunes ». Le résultat prête à sourire, mais il coïncide avec ce moment où Tik Tok devient un porte-voix de l’anti-racisme. La semaine dernière, le hashtag #blacklivesmatter y dépassait les 10 milliard de vidéos vues. Etant donné leur nombre, les K Pop Stans ont contribué à cette bascule…

Il y a peu de littérature sur ces jeunes gens. On les sait intraitables avec leurs chanteurs idolâtrés. Les Stans traquant chez eux la moindre allusion homophobe, xénophobe, la moindre tentative d’appropriation culturelle. Comme autant d’ados qui ont trouvé dans les l’Internet un refuge face aux discriminations du monde réel. Et dans la K Pop, un monde idéal, rassurant et puissamment fédérateur.

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