La nouvelle a été annoncée vendredi sur Twitter par le "Elle" américain : Kanye West et Kim Kardashian se sont séparés. Énorme choc pour les midinettes et autres fans de pop culture du monde entier, le rappeur surdoué et la star de télé-réalité étant devenus l’un des couples les plus influents de la planète.

Kanye West et Kim Kardashian à Paris en juin 2018
Kanye West et Kim Kardashian à Paris en juin 2018 © Getty / Chesnot/WireImage

Dans nos têtes, leur vie a redéfilé à toute vitesse. Ses dépressions à lui, ses coups d’éclats pro Trump, son insoutenable légèreté à elle, l’omniprésence du clan Kardashian. Tous, on a tous mouliné dans la seconde pour saisir au vol la raison de cette rupture après six ans, trois enfants, des milliers d’instants postés sur les réseaux sociaux et une déclaration d’amour bien pourrie. 

Alors, on a cliqué sur le lien accolé par le magazine Elle à la photo des deux idoles. Et on est tombé sur un court papier nous incitant au vote ! Les mid-terms approchent, inscrivez-vous sur les listes électorales, « register now » fanfaronnait le journal, bien aise de nous avoir ainsi bernés. 

Malin, diront les uns. C’est pas avec un article sur nos devoirs civiques qu’on crée du buzz et du trafic sur Internet. Vous remarquerez d’ailleurs que nombre de publications très respectables réservent à leur site web des sujets qu’ils n’oseraient guère donner au lecteur sur le papier. Et faut voir leur titraille racoleuse sur les réseaux. Ça porte un nom dans l’univers numérique : des « pièges à clicks », voire des articles « putaclick ». Sauf que voilà, tous les moyens sont bons pour réveiller la conscience citoyenne à l’approche d’une élection. 

Enfin, oui et non. Le Elle américain s’en est mordu les doigts. Les gens se sont révélés furieux. L’intention était louable, le procédé minable. En bidonnant comme cela, un journal décrédibilise toutes ses infos et tous ses propos. Plus grave, il insulte l’intelligence de son public. Il dit en substance : « bande de nazes, il n'y a que les people qui vous excitent, la politique, ça ne vous percute jamais ». Blessant, simplement blessant. Le Elle s’est excusé : « Nous avons fait une mauvaise blague. Notre passion pour la participation électorale a altéré notre jugement. Nous en sommes désolés ». Moralité : prendre son lecteur pour un imbécile, c’est passer soi-même pour un gros débile.  

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.