Budapest se soulève contre la réélection de Viktor Orban. Que veulent les !hongrois ? Des médias libres.

Deuxième week-end consécutif de manifestation en Hongrie. 100 000 personnes la semaine dernière, au moins 30 000 dans la rue samedi, selon l’AFP. Budapest se soulève contre la réélection du Premier Ministre Viktor Orban. Que veulent les Hongrois ? Des médias non partisans, des médias libres. 

Hymne national en fin de manifestation. Les jeunes n’ont qu’un slogan : « démocratie ». Ils ont vingt ans et réclament des contre-pouvoirs. Même les médias privés n’en sont plus. Ou si peu. Depuis 2010, Orban décapite méthodiquement les organes de presse dont les rennes sont confiés à des affidés. Depuis deux ans, cette stratégie s’est durcie. Coup d’envoi de la nouvelle phase, la suspension brutale du quotidien le plus influent du pays, « Népszabadság ». . A la manœuvre, un ministre, Antal Rogan, et le Bureau de communication nationale qui définissent les axes de l’information officielle et choisissent les médias dignes d’accueillir de la publicité. Double main mise, donc : éditoriale et financière. 

Par ailleurs, les rachats s’accélèrent. Dans la foulée de l’affaire « Népszabadság », le plus gros éditeur de presse régionale passe sous contrôle d’une entreprise liée à Fidezs, le parti d’Orban, qui règne indirectement sur toutes les chaînes de télévisions, une douzaine de quotidiens, selon Reporters sans Frontières, mais également d’autres publications comme un grand hebdomadaire économique, repris par une femme d’affaire proche du Palais. Sa couverture est désormais dédiée à des membres de l’exécutif. 

Tous les médias « amis » du pouvoir sont devenus purement et simplement les canaux de propagande gouvernementale sur le danger migratoire, la haine de l’Union Européenne, ou encore sur le complot prétendument ourdi par le financier George Soros, d’origine hongroise. Pendant sa campagne, Victor Orban s’est engagé à faire passer une série de lois sobrement intitulées « Stop Soros ». Or, il devrait disposer des deux tiers des voix au parlement. Vous souvenez-vous des 200 personnes soupçonnées d’alimenter en Hongrie les « réseaux Soros » ? Une liste noire publiée dans la presse, par un hebdomadaire à grand tirage. Nombre de journalistes figurent parmi ces 200 noms. Ils seront bientôt, officiellement, des « ennemis d’Etat ». 

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