Facebook a annoncé qu’il allait désactiver des outils permettant de repérer les contenus pédopornographiques.

Facebook a annoncé qu’il allait désactiver des outils permettant de repérer les contenus pédopornographiques.
Facebook a annoncé qu’il allait désactiver des outils permettant de repérer les contenus pédopornographiques. © Getty / SOPA Images

Pourquoi ? Pour bien vous expliquer tout ça, je vais commencer par vous poser une question : est-ce vous aimez l’idée que Facebook puisse lire tous les messages privés que vous échangez par son intermédiaire ? Plutôt pas. Ça tombe bien, depuis cette semaine, c’est interdit en Europe ! 

Un texte vient d’entrer en vigueur qui limite la façon dont les entreprises comme Facebook peuvent utiliser les données de vos messages. Plus question donc, de scanner, sans votre consentement, vos conversations privées pour apprendre par exemple, que vous rêvez en ce moment d’une bonne tartiflette... et en profiter pour vous refourguer des pubs de reblochon en promo dans le supermarché du coin. 

Le problème, c’est que si Facebook n’est plus autorisé à scanner nos messages privés… Eh bien il ne peut plus détecter un certain nombre de contenus pédopornographiques, qui transitent par ces messageries. Car depuis quelques années, Facebook utilise en effet des algorithmes qui détectent automatiquement certaines photos de ce type ; et d’autres qui sont capables de repérer, dans certains cas, des pédophiles qui seraient en train d’approcher un enfant en ligne. Mais ces technologies reposent justement sur l’analyse des messages privés. 

Facebook n’est pas la seule plateforme à utiliser ce genre de programmes, et ça permet chaque année de signaler des millions de contenus, et même de lancer des enquêtes. Mais pour se mettre en conformité avec la loi, Facebook vient donc d’y renoncer, sur ses messageries, dans l’Union européenne.   

Et que font les autres plateformes ? Certaines d’entre elles viennent de prendre la décision... inverse. Google et Microsoft, par exemple, ont annoncé qu’ils ne changeraient rien, qu’ils continueraient à analyser les messages pour détecter ce type de contenus. Ils risquent donc d’être hors la loi

Mais les lois européennes, disent-ils, ne sont pas claires ! Alors que celle-ci entre en vigueur, d’autres, qui visent à lutter, justement, contre la pédopornographie, sont actuellement en cours d’élaboration. Microsoft déplore une situation ambiguë, et attend des éclaircissements. 

Avec tout ça, on en oublierait presque de parler du respect de vie privée : car c’est initialement ça, l’objectif du texte qui vient d’entrer en vigueur, c’est de nous protéger, en tant qu’internautes, du regard intrusif de ces plateformes… Mais celles-ci rétorquent, bien sûr, qu’il faut aussi protéger les enfants. Comment peut-on rendre compatible tout ça ? Faut-il, comme le demande Facebook, instaurer des exceptions ? La question n’est pas nouvelle, mais visiblement, on n’a pas encore trouvé la réponse. 

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