Portrait des Pessi, groupe de trolls qui attaquent des personnalités sur Twitter, et qui auraient poussé Marlène Schiappa à basculer son compte en privé.

Les Pessi, les trolls du moment sur Twitter
Les Pessi, les trolls du moment sur Twitter © AFP / JAAP ARRIENS / NURPHOTO

Ils se font appeler les PESSI, contraction de « penalty » et « Messi ».  Ce sont, au départ, des footeux décidés à vanner Lionel Messi qui, selon eux, tire trop de penaltys, comme toutes les stars choyées par les arbitres. Sur Twitter, ils ont choisi une tête de Messi chauve pour se représenter. Pourquoi chauve ? Pas compris… Sinon, rien ne les fait plus se bidonner que les vidéos du joueur se prenant le poteau.  

Leur truc, c’est d’organiser des raids numériques voués à polluer le compte d’une personnalité ou d’une institution. Les Pessi s’en prennent régulièrement à l’ambassade de Chine comme à Jean Messiah, le pitre d’extrême droite abonné aux plateaux de C8 et CNews. Ils se sont attaqués à Mila, la jeune fille harcelée par les islamistes, en signalant son compte Twitter en masse. Ils l’ont fait fermer. Attention, on peut trouver cela parfaitement idiot, inutile et malfaisant, mais rien à voir avec les appels au meurtre dont l’adolescente a écopé précédemment.

Hier, les Pessi se donnaient rendez-vous à 20 heures pour troller Pierre Ménès, le journaliste sportif de Canal+ mis en cause pour ses comportements déplacés à l’égard des femmes. Le mot d’ordre précisait : « Pas d’insulte ou de menace de mort, soyez de bons Pessi ». D’ailleurs, on tombe rarement sur des cruautés ou des vulgarités en parcourant leurs comptes. Leur plus grosse marrade revient à partager des paroles de chansons un peu con-con. Ils en mettent partout. 

Les Pessi sont très pénibles, se moquent beaucoup d’eux-mêmes et n’ont, à première vue, pas l’air méchants. La ministre Marlène Schiappa, visée par le groupe, coupe l’accès à son fil Twitter et porte plainte. Elle décrit des menaces. A voir si cela vient d’eux. Peut-être. Je ne prétends pas les avoir tous passés au crible.

Une chose est sûre, les Pessi détestent les « chialeuses numériques », figures sous laquelle ils rassemblent pêle-mêle toute forme de plainte, de lamentation ou de dénonciations en ligne auxquelles ils répondent généralement par une injonction : « hurle » ou « miaule » ou « chiale » ou « aboie ». Absurde, zinzin, invasif, totalement vain, totalement Twitter.  

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