Le "royal baby" est né hier ! Et chaque grand événement de la dynastie britannique raconte, en moins d’un siècle, l’avènement, l’essor et la mutation des médias de masse.

Oui, en étant d’une extrême mauvaise foi et en assumant pleinement ma passion pour les têtes couronnées. Reste que la dynastie britannique raconte, en moins d’un siècle, l’avènement, l’essor et la mutation des médias de masse

À chaque génération de Windsor son médium. 

George VI. Septembre 1939. La radio, évidemment

L’Angleterre entre en guerre ; le roi George VI fait un discours diffusé à la radio pour mobiliser son peuple
L’Angleterre entre en guerre ; le roi George VI fait un discours diffusé à la radio pour mobiliser son peuple © Getty / Hulton Deutsch

Discours d’un souverain bègue qui a surmonté ses difficultés d’élocution à force d’orthophonie. L’Angleterre entre en guerre. La Couronne se soumet à la loi des ondes non pour s’adresser à ses sujets, mais pour mobiliser la Nation. La voix du Roi pénètre sans cérémonie les foyers de la plèbe. D’aucuns jugeront qu’il avilie la monarchie. 

Elisabeth II. Juin 1953. La télévision, maintenant

Couronnement de la reine Elisabeth II à l'Abbaye de Westminster, le 2 juin 1953. À l'exception de l'eucharistie et de l'onction, l'ensemble de la cérémonie à l'abbaye de Westminster fut retransmis à la télévision pour la première fois de l'histoire
Couronnement de la reine Elisabeth II à l'Abbaye de Westminster, le 2 juin 1953. À l'exception de l'eucharistie et de l'onction, l'ensemble de la cérémonie à l'abbaye de Westminster fut retransmis à la télévision pour la première fois de l'histoire © Getty / Carl Sutton

Le couronnement. Cinquante caméras dans les artères de Londres et vingt autres dissimulées dans l’abbaye de Westminster. Premier événement retransmis en mondovision. C’est-à-dire en direct dans plusieurs pays européens. Les bobines prendront immédiatement l’avion pour diffusion en différée au Canada et aux Etats-Unis. Cent millions de téléspectateurs assisteront à la naissance d’une Reine dont l’aura planétaire ne relève plus du droit divin mais du petit écran. D’aucuns crieront qu’elle le paiera.

Le Prince Charles. Août 1997. La presse populaire, malheureusement

Les funérailles de Diana, princesse de Galles, à l'abbaye de Westminster à Londres, le 6 septembre 1997. De gauche à droite, le prince Charles, le prince Harry, le comte Spencer, le prince William et le duc d'Édimbourg lors de l'arrivée du cercueil.
Les funérailles de Diana, princesse de Galles, à l'abbaye de Westminster à Londres, le 6 septembre 1997. De gauche à droite, le prince Charles, le prince Harry, le comte Spencer, le prince William et le duc d'Édimbourg lors de l'arrivée du cercueil. © Getty / Colin Davey

Son ex-épouse, Lady Diana, vient de mourir à Paris, pourchassée par des paparazzi. Les déboires conjugaux de cette troisième génération de Windsor coïncide avec l’âge d’or des tabloïds. The Sun peut tirer jusqu’à cinq millions d’exemplaires. La famille royale fait vendre du papier. Ses membres sont devenus des people comme les autres. Et dans « people », il a « peuple ». 

Le Prince William, enfin. Avril 2018. Les réseaux sociaux, exactement

Dans l’attente de la royale naissance, le Times avait posté une caméra devant la porte de la maternité. Hier, à 11h18, les gens regardaient la porte en Facebook Live. Je vous fais donc écouter… une porte fermée ! Tout a médiatiquement basculé lors des noces de William et Kate Middleton. La sœur de la mariée, Pippa, arbore un fessier joli et rebondi. Les images télévisuelles du couple princier sont définitivement éclipsées par les clichés du popotin ravageur partagés sur Twitter.

Autre temps, autres mœurs. 

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