Suite de la semaine spéciale de l'Édito M autour des personnalités médiatiques européennes. Place ce matin à l’un des ténors de la télévision britannique, Andrew Marr, 59 ans. Son "Andrew Marr Show", sur BBC One, s’avère, depuis 2005, l’une des émissions politiques dominicales les plus suivie outre-Manche.

Andrew Marr et Theresa May (janvier 2019) sur le "Andrew Marr Show" , sur BBC One
Andrew Marr et Theresa May (janvier 2019) sur le "Andrew Marr Show" , sur BBC One © Getty / Handout

Natif de Glasgow, Andrew Marr a la voix qui cingle et les formules qui claquent. Bridé par les règles d’impartialité de la BBC, interdit de donner son avis sur le Brexit, Andrew Marr a choisi de le peindre. Le voici dévoilant une séries de tableaux d’une noirceur inédite : figures terrifiantes, toiles déchirées, noirs précipices. Ainsi l’homme tronc de la télévision publique se défoule-t-il dans cet atelier qui lui a sauvé la vie. 

Andrew Marr terrassé par une crise cardiaque en 2013. Il animait son show du dimanche, plus une émission de radio, plus une des soirées spéciales consacrées à l’Histoire de l’Empire britannique ou à celle de la Grande-Bretagne après-guerre. Certains de ces programmes sont devenus des best-sellers en librairie. Pendant sa convalescence, le dur à cuire a lâché la radio, pas son plateau, revenant comme invité ou conduisant l’interview de David Cameron. Il n’empêche. La peinture lui a servi de thérapie. 

Aujourd’hui, donc, il barbouille le chaos du Brexit dont il s’affiche pourtant en fervent défenseur. Quoique The Sun, puissant tabloïd qui a mené une campagne virulente pour le "leave", l’a trouvé bien trop modéré. D’autres accusent désormais Andrew Marr et les barons de la BBC d’avoir joué un rôle opaque et décisif en faveur du Brexit. Andrew Marr n’hésite pas, en 2016, à fustiger l’impact de l’immigration et de la globalisation sur les classes moyennes, accusant les bobos londoniens de n’y rien entendre. "Pas une once de sentiment anti-immigration chez moi", martèle Marr. "N’importe qui analyserait maintenant la situation comme je l’ai fait à l’époque". 

Andrew Marr, une jeunesse maoïste, puis une longue carrière à The Independent, quotidien de gauche, rare titre pro-européen aujourd’hui en Angleterre. Andrew Marr n’en est pas moins en conflit ouvert avec le Parti travailliste. Comme je l’ai lu récemment, sous la plume d’un intellectuel britannique : "Lorsque la Grande-Bretagne a basculé à gauche, les visages phares de la BBC ont basculé à droite".

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