Angel Etchecopar, connu pour sa misogynie et ses provocations, vient d'être inculpé pour "discrimination et violence de genre".

En Argentine, un journaliste condamné à recevoir des féministes dans son émission
En Argentine, un journaliste condamné à recevoir des féministes dans son émission © Getty / vm

Je dois d'abord vous présenter ce charmant monsieur. Il s'appelle Angel Etchecopar mais se fait appeler "Baby". Il anime tous les jours à midi El Angel de mediodia, une émission diffusée sur Radio 10

Baby est célèbre en Argentine pour sa gouaille et son franc parler, il aime beaucoup donner son avis. Il déteste les féministes et le dit souvent. Il trouve notamment que les femmes qui s'habillent de façon "provocante" ne doivent pas s'étonner d'être victimes de viol. Quant à celles qui accusent publiquement un homme d'agression sexuelle, elles le font évidemment pour qu'on parle d'elles. Bref, ce gars-là est une flèche. Mais voilà qu'il a changé de ton. Vendredi dernier, pendant son émission, il a pris une petite voix pour un petit mea culpa. Et là dessus, on ne saurait lui donner tort !   

Il réagit ainsi après avoir été inculpé pour "discrimination et violence de genre".  Oui, il écope d'une peine de probation d'un an pendant laquelle il devra se tenir à carreau et ne plus insulter les femmes. Mais surtout, la justice l'oblige à donner la parole à des féministes dans son émission ! Au moins dix minutes par semaine pendant cinq mois. Forcé de tendre son micro à l'ennemi ! Le procureur, cité dans le journal Le Monde, explique que c'est une idée "non punitive mais qui vise à améliorer la tolérance". La justice a même fourni la liste nominative des personnes qui devront être invitées : des avocates, des psychologues, des sociologues, toutes spécialistes de la lutte contre les inégalités homme-femme. Évidemment, elles ne seront pas obligées d'accepter l'invitation mais Baby Etchecopar est obligé de les inviter ! L'accord de probation, qu'il a signé, stipule qu'il doit les laisser parler : il n'a pas le droit de leur couper la parole, ni de les dénigrer à l'antenne.   

Après le braconnier condamné aux Etats-Unis à regarder Bambi (le dessin animé) une fois par mois pendant toute sa peine de prison... voilà une nouvelle preuve de la créativité des juges du monde entier quand il s'agit d'inventer de nouvelles sanctions ! Ces dix minutes par semaine pourraient bien faire grimper la visibilité médiatique des femmes en Argentine. 

Ce qui, soit dit en passant, ne serait pas du luxe en France : selon une récente étude, parmi les 1 000 personnes les plus médiatisées dans l'Hexagone en 2018, il y avait 15% de femmes.

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