L’actrice hollywoodienne Angelina Jolie va publier des articles dans le "Time". À l’heure de toutes les puissantes vidéos partagées sur les réseaux sociaux, elle, elle choisit l’écrit. Elle va désormais traiter, chaque mois, dans le fameux journal, des sujets liés aux causes qu’elle défend.

Angelina Jolie
Angelina Jolie © AFP / TIMOTHY A. CLARY / AFP

Des articles, dans un journal. Elle, la créature de pellicule, le visage de cinéma mondialement connu, la pourvoyeuse d’images people traquée par des objectifs où qu’elle se trouve sur la planète. Déjà, en 2013, Angelina Jolie, 37 ans, subit une double mastectomie et décide de médiatiser son geste. Elle signe alors, pour le New York Times, une tribune titrée « Mon choix médical ». L’article a été traduit et commenté dans le monde entier, mettant en lumière le sort des femmes porteuses d’un gène défectueux, le BRCA1 qui augmente de façon exponentielle les probabilités de déclarer un cancer du sein.

Pour le magazine Time, Angelina Jolie va désormais traiter, chaque mois, des sujets liés aux causes qu’elle défend. Dix-huit années que l’actrice oscarisée est ambassadrice pour le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies. Dix-huitannées qu’elle sillonne les zones de conflits et les camps, qu’elle alerte sur les questions migratoires, les droits humains, le viol comme arme de guerre

Son premier article s’intitulait « Pourquoi les femmes sont la clé de la paix en Afghanistan »

Le  prochain –  déjà en ligne, et qui sera imprimé dans la version papier du magazine le 1er juillet - s’intitule « Ce que nous devons aux réfugiés ».

Angelina Jolie rompt, ici, avec la tradition médiatique de la star hollywoodienne en saharienne agenouillée au milieu d’enfants malades ou affamés. Ces photographies -là – nous les avons tous en tête tant elles constituent un registre médiatique à part entière - sont nées, après-guerre, avec les médias de masse. Avec Audrey Hepburn (Diamants sur canapé, My fair lady...) devenue ambassadrice pour l’UNICEF. Dès les années 1950, les organismes non gouvernementaux comprennent combien la visibilité constitue un capital précieux et ardu à acquérir. Emmener une actrice sur le terrain et la photographier à la rencontre de populations qui, de fait, réclament l’attention des médias et des pouvoirs publics, c’est miser sur un transfert de visibilité. Le mécanisme n’a pas fini d’opérer. À ceci près que ces images sont beaucoup moins bien reçues qu’auparavant. Les anglo-saxons parlent de « white savior », de « sauveur blanc », pointant ce que ces mises en scène ont de relents colonialistes et surtout, d’instrumentalisant pour les non-blancs qui y figurent. 

Angelina Jolie choisit l’écrit. Témoignage, analyse, position, proposition. Faisant résolument passer l’engagement humanitaire dans une autre dimension, celle de l’action politique. 

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