Depuis 4h26 ce matin, les antennes de BFM et RMC ont entamé une grève inédite…

Et ce n’est pas du tout la culture maison ! Ces médias ont appartenu à Alain Weill qui les a développées sur un modèle low cost, tenant ses équipes d’une main de fer. BFM est devenue une rédaction puissante, RMC une marque déclinée en chaînes de télé. Toutes deux appartiennent aujourd’hui au propriétaire de SFR, Patrick Drahi. Pas le genre, non plus, à poupouner les états d’âme de ses salariés. 

Alors comment en est-on arrivé là ? Action intersyndicale, assemblée générale et arrêt de travail au point de faire sauter la matinale de Jean-Jacques Bourdin. Cela tient d’abord à la brutalité et l'ampleur du plan social annoncé. Un emploi sur trois supprimé, soit entre 300 et 380 CDI et jusqu’à 200 pigistes. 

En cause, l'effondrement du marché publicitaire qui frappe de plein fouet les chaînes gratuites du groupe…

RMC Story et RMC Sport, les chaînes locales, BFM Business et même BFM Tv, la seule chaîne info rentable. Mais côté chaînes payantes, ce n’est pas mieux. L'annulation des compétitions sportives a mis à l'arrêt le bouquet RMC Sports, créé ex-nihilo pour diffuser la Ligue des Champions. Furieux, des abonnés ont réclamé publiquement d'être remboursés !

Ah… le foot à 1,2 milliards d’euros ! Tellement d’argent pour le championnat anglais, la Champion’s League et l’Europa League. Tellement d’argent dont ce groupe ne verra jamais le retour sur investissement. Si, « en termes d’images », voulait se convaincre Alain Weil. Les clients SFR ont eu un accès privilégié à ces compétitions. C’est bon pour le blason. Sauf que là, le blason est terni et le trou dans la caisse est béant. 

De son côté, Patrick Drahi a livré bataille pour ne pas payer l’intégralité d’une Ligue des Champions qui ne s'est pas jouée. De l'autre, les salariés ont l'amère sensation de payer de leurs emplois des investissements pharaoniques qui auraient plombé la maison indépendamment du Covid. 

Hier, assemblée générale très remontée, des filiales très solidaires les unes des autres. Y compris les équipes de BFM Tv, pourtant les moins touchées par le plan social. Ici aussi, changement de culture. Souvenez-vous les gilets jaunes. La rédaction éreintée, plébiscitée par l'audience, mais conspuée par les manifestants et les politiques. Les journalistes se réunirent pour la première fois de leur histoire, menacèrent de boycotter la couverture du mouvement et réclamèrent à leur hiérarchie d'autres méthodes de travail… Naissance d’un collectif. C'était il y a un an. 

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