Des journalistes étrangers vont assister à la démolition d’un site nord coréen d’essais nucléaires.

Ils sont les invités, triés sur le volet, de Kim Jung Un. Tout, ici, réside dans le choix très calculé de ces témoins, supposés garantir à la fois l’authenticité de cette démolition et lui donner un écho planétaire. Le tyran de Pyongyang ne se contente donc plus de verrouiller ses relais médiatiques à l’intérieur du pays, il forge la portée de son message à l’extérieur. 

D’ordinaire, Ri-Chun-Hee, inoxydable présentatrice du journal télévisé et voix de la propagande nationale se charge d’informer le peuple de son destin nucléaire. Cette fois, ce sera le Britannique Tom Cheschire, correspondant de Sky News en Asie, seul Européen du voyage. 

Qui sont les autres ? Des Américains, en nombre. L’agence de presse AP, mais aussi la chaîne d'info CNN, la grande chaîne gratuite CBS ainsi que Vice News, média numérique ciblant les jeunes. Tout le spectre du public américain est couvert. S’y ajoute l’agence russe, la TASS, et Russia Today, voix de la Russie à l’étranger pilotée par le Kremlin. Enfin, les Chinois de Xinhua et de CCTV. 

Parfaite géopolitique de l’influence médiatique. Aucun des pays cités n’a confiance dans les médias nord-coréens. En outre, chacun d’eux constitue un pôle d’information qui entre en concurrence, voire en contradiction avec les autres. La Russie et la Chine conspuent sans relâche les médias américains. Les médias américains dénigrent pareillement les médias russes et chinois. La Russie s’estime par ailleurs désormais aussi prépondérante que la Chine. D’où la nécessité de voir ces trois Nations de journalisme représentées sur place. 

Enfin, Kim Jung Un opte pour les puissances audiovisuelles les plus offensives à l’internationale. Les Etats-Unis ont de l’avance. Mais les Chinois et les Russes déploient d’immenses moyens pour faire entendre LEUR message partout dans le monde. 

Quant à la Corée du Sud, le Nord a joué avec les nerfs de ses 8 journalistes d’abord invités, ensuite refoulés, finalement inclus dans le convoi à la dernière minute. Bref, en matière de nucléaire, ce qui compte pour Kim Jung Un, ce n’est pas à qui il fait sa promesse, mais aux yeux de qui il va la tenir. Opération médiatique à forte teneur diplomatique.   

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