La ministre des sports n’exclut pas un retour de la pub après 20 heures sur les chaînes publiques pour financer la diffusion de compétitions.

C’est une hypothèse, en aucun cas confirmée par le ministère de la Culture. Mais elle fait sens. En ligne de mire, les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Imaginez, les épreuves reines parfaitement calées sur nos prime time de télé. Imaginez, les audiences à venir. Imaginez, ce que seront prêtes à débourser les marques françaises ou distribuées en France pour s’offrir un peu de cette visibilité que l’on sait d’avance passionnée. Imaginez ce que ça rapporterait à France Télévisions, qui a acheté l’évènement 130 millions d’euros. 

Seulement voilà - Nicolas Sarkozy en avait décidé ainsi - depuis 2009, il n’y a plus de publicité après 20 heures sur nos chaînes publiques. Force est d’admettre que ça n’a eu aucun effet vertueux sur France Télévisions, dont le financement a été souvent mis en danger par sa tutelle. Et qui se trouve à nouveau en fragilité. Ce qui lui reste de recette publicitaire a été amoindri par la crise, et nul ne sait dans quelle mesure l’État va continuer de payer. La question se pose pour la création audiovisuelle, mais aussi pour le sport… Une page de pub avant, pendant et après la compétition permettrait d’en financer la diffusion. 

Une telle mesure déclencherait, bien sûr, la fureur de TF1 et M6 qui n’ont, elles, que la pub - et pas la redevance - pour acquérir des droits. Mais, consolider la place du service public en tant que diffuseur sportif serait intelligent en cette année où la loi du marché, plus folle que jamais, a fini par envoyer le monde du football dans le mur. Des droits de diffusion vendu 1 milliard d’euros par an, un diffuseur qui ne peut plus payer, des clubs qui frôlent la banqueroute et des supporters qui se ruent vers le piratage pour s’éviter encore un nouvel abonnement. Cette bulle spéculative, amorcée il y a une vingtaine d’années, ne pouvait qu’exploser.

A l’Assemblée nationale, on a débattu de la démocratisation du sport. L’accès à la télévision s’avère ici une question centrale. Face à la privatisation progressive des retransmissions sportives et surtout, à la multiplication des chaînes payantes, la question du service public revient au centre du jeu. 

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