Et promet de changer sa culture d’entreprise… Que se passe-t-il ?

Pour comprendre, il faut revenir au printemps dernier. Souvenez-vous : George Floyd, un afro-américain de 46 ans, est tué par un policier blanc, les manifestations s’enchaînent, la question du racisme systémique enflamme les Etats-Unis.... Mais aussi les médias.
 

Le New York Times, un des plus grands journaux américains, publie alors une tribune, qui va faire des étincelles : elle est signée du sénateur républicain Tom Cotton, qui réclame carrément le déploiement de l’armée. Et en interne, ça ne passe pas : des employés du New York Times s’insurgent contre la publication de ce texte - l’affaire prend une telle ampleur que le responsable des tribunes décide de démissionner du journal.
 

C’est dans ce contexte, fort agité, que le New York Times décide de lancer une grande étude... sur sa culture d’entreprise et notamment son rapport au racisme. Alors certes, cela fait des années que le quotidien publie régulièrement des chiffres sur la diversité au sein de ses équipes. Mais les chiffres, ça ne suffit plus, estime le New York Times. Il veut savoir s’il existe un problème de culture, d’atmosphère… mais c’est plus difficile à mesurer. Pour y parvenir, plus de 400 entretiens ont été menés avec des employés, ça a pris 8 mois. Et c’est hier que les conclusions ont été dévoilées.
 

Et que disent-elles ?

Eh bien que le New York Times est, je cite, “un environnement de travail difficile pour beaucoup de nos collègues”. Et particulièrement pour les noirs et les latinos, qui relatent de mauvaises expériences, parfois douloureuses. Le journal remarque d’ailleurs que les afro-américains ont davantage tendance à quitter l’entreprise que les blancs.
 

En guise de réponse, le New York Times enchaîne les promesses : diversification des effectifs (notamment aux postes hiérarchiques), meilleure formation des managers, création d’un bureau spécifique au sein des RH...
 

Et ce ne sont pas que de belles paroles, jure la direction. L’énergie et les moyens consacrés à cette mission seront comparables à ceux qu’il a fallu déployer... pour la transition vers le numérique... et ce n’était pas une mince affaire.
 

Alors ce journal, il n’est pas le seul à s’être lancé dans une douloureuse introspection après les manifestations du printemps. Le Los Angeles Times, ainsi que le Kansas City Star, avaient, de leur côté, minutieusement réexaminé leurs archives... puis présenté leurs excuses pour le racisme de leur couverture éditoriale.
 

Diversifier son équipe, poursuit le New York Times, c’est l’assurance d’un meilleur journalisme. cela permet de “mieux comprendre le monde, dans son entièreté”, ce sont ses mots. L’intention est là, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour les médias américains. Et c’est aussi vrai... de l’autre côté de l’Atlantique.

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