BeIN Sports et Europe 1 : deux dérapages en quelques jours en plein commentaire de match. Le premier pendant France-Australie, signé Sébastien Thoen, sur Europe 1. Le second, on le doit à Grégory Paisley, sur BeIN Sports, pendant Nigéria-Islande. Ça n’a fait rire personne.

Les chaînes ont pris des mesures immédiates : Europe 1, en écartant du micro Sébastien Thoen. BeIN présentant des excuses publiques après le dérapage de Grégory Paisley.

Premier réflexe : le foot, machine à chauvinisme, racisme et beauferie. Bon, on n’ira pas très loin. Deuxième niveau de lecture : et si on était en train de redécouvrir le direct ? Ecartons la radio. Savez-vous que la télévision ne se fait presque jamais en direct ? Il n’y a que France 5 et ses magazines. Sinon, avez-vous songé que, regardant TF1, France 3, M6 ou X chaînes de la TNT, vous contemplez des heures de programmes enregistrés à l’avance ? A l’heure de leur diffusion, les animateurs sont, comme vous, rentrés à la maison depuis longtemps !

Seuls les journaux et les rendez-vous météo ont droit au direct

Et seule une poignée d’événements de prime time – genre grande finale de télé-crochet – se fait en live. Même une émission comme Quotidien, sur TMC, compte plusieurs longues minutes d’écart entre ce qui se passe sur son plateau et ce que vous voyez à l’écran. Pourquoi ce différé ? Pour éviter, justement, les imprévus et les débordements. 

Qui a remis le direct à la mode ? Le goût du risque, la promesse du "tout peut arriver" ? Cyril Hanouna, en bon héritier de Christophe Dechavanne et d’une télé qui, dans les années 1990 et 2000, s’est beaucoup faite en temps réel. D’ailleurs, on y puise une matière cathodique illimitée, allant de la séquence culte au bêtisier le plus déplorable.

Depuis, la télé s’est refroidie, donc assagie

De ces émissions en boîte, prêtes à diffuser, plus rien ne dépasse. Pas étonnant, que ce soit chez Hanouna et sur les chaînes tout info ("priorité au direct") que ça dérape à nouveau. Pas étonnant, qu’avec la Coupe du monde revienne une télé à chaud, on l’a déjà vécu avec les JO.

Voilà, le direct n’excuse pas la crétinerie. Mais par ses ratés, il nous fait réaliser combien la télé a changé et s’est figée.

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