Semaine caniculaire en France, vous nous proposez une petite histoire de la météo à la télé.

1946, Paul Douchy, de la Météorologie nationale, propose le premier bulletin de la RTF dans le téléjournal. Il commente la carte du lendemain, mais le rendez-vous n’est fixé qu’une fois par semaine. Il faudra attendre 1958 pour que la météo fasse l’objet d’une information quotidienne. Inoubliable Guy Larivière avec ses gourmettes, son collier de barbe et ses gros stylos qui gribouillent une carte déjà toute charbonneuse à l’antenne. 

C’était incompréhensible et pour cause, à l’époque, « la météo n’intéressait personne », a raconté Larivière depuis. «Il ne fallait surtout pas parler d’anticyclone ni de dépression, c’étaient des mots barbares, proscrits à l’antenne ». En 70 années de météo télé, le public s’est donc forgé une expertise. Et vous savez de quand date la conversion du téléspectateur à la science météorologique (pas seulement à « est-ce qu’il fera soleil demain ? ») ? De la tempête de 1999. Un choc énorme en France, une volonté de comprendre les phénomènes climatiques et la mise en place des cartes de vigilance qui ne quitteront pas vos écrans cette semaine ! 

Autre tournant majeur, Laurent Broomhead, binoclard traqueux face à Patrick Poivre d’Arvor, sur Antenne 2. 1978. 

Quatre ans auparavant, éclatement de l’ORTF. Les chaines sont désormais en concurrence et les JT veulent « fi-dé-li-ser ». La météo devient autre chose qu’une donnée technique, une histoire à raconter dont chaque jour on attend la suite. Laurent Broomhead est le premier animateur non prévisionniste à présenter la météo. Evelyne Dhéliat est une ancienne speakerine. Tatiana Silva une ancienne Miss. Rares sont les ingénieurs encore en activité à la télé… Louis Bodin, de TF1, en est un. Car, depuis les années 1980, il faut plus que du savoir pour incarner la météo : il faut un physique et un bagout… 

Alain Gillot-Pétré. Ça y est, la météo est devenue un spectacle. Ajoutez à cela, l’image satellite et l’innovation technologique dont cette courte séquence est truffée, donnant à nos présentateurs des allures de démiurges qui façonnent les cieux. On parle de météo tactile. Cartes inanimées avez-vous donc une âme ? Ces jours-ci, record de chaleur, les cartes rougeoieront de soleil. Quand on était petit, c’était des ronds jaunes avec des rayons autour. Car oui, fut un temps, il y a avait chaque soir à l’écran quelque chose qui ressemblait à nos dessins d’enfant. 

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.