Les autorités israéliennes mettent la pression sur les médias étrangers.

Récits et témoignages de correspondants se multiplient depuis les manifestants palestiniens tombés sous les balles à Gaza. Lisez, entre autre, la dernière « Lettre de Jérusalem » de Piotr Smolar, correspondant du « Monde ». 

Le porte-parole de l’armée israélienne vient de publier une tribune dans le « Wall Street Journal » dénonçant à Gaza « une opération de communication du Hamas ayant donné à tous ceux qui avaient une caméra un accès aux premières loges et une connexion wi-fi gratuite ». Public visé ? Les médias internationaux sur place. En effet, la presse israélienne, elle, a peu accès aux territoires pour des raisons de sécurité. 

De son côté, le ministre de la défense israélien s’emporte contre la vision difforme et partisane du conflit que véhiculeraient les chaines étrangères. Logique purement économique, selon lui : « un État juif. 57 pays musulmans. Passez en revue CNN, France 24, BBC, etc… 90% de toutes les publicités viennent du monde arabe », a-t-il expliqué sur une chaine de télé israélienne. 

Mêmes arguments après la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza. 

Écoutez ce que j’ai retrouvé, après avoir lu le papier du « Monde ». Un dessin animé, très drôle, très grinçant, façon « Southpark », produit à cette époque par les Affaires étrangères israéliennes, ridiculisant un journaliste anglais qui raconte en direct combien les Gazaoui tentent de vivre une vie tranquille. En arrière plan, on voit des poseurs de bombes, des lanceurs de rockets et même un type qui kidnappe un homosexuel. 

Ça se conclue par une jeune femme qui offre des lunettes au journaliste anglais et ce slogan : « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza ». 

Également après les évènements de 2014, Médiapart et Orient 21 avaient raconté le stage offert à Tel Aviv à de très jeunes journalistes occidentaux, intitulé : « apprendre à parler du conflit de manière neutre et professionnelle ». Le tout, aux frais du gouvernement israélien. Bref, si celui-ci se voit reprocher l’usage abusif de la force à Gaza, un seul responsable : les journalistes.

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